Nestor Burma – L'homme au sang bleu

 

Abandonnant Paname et le crachin, Burma descend sa pipe et son sale caractère sur la Croisette.  Pas de vacances ni de festival du film pour Nestor, mais une mission de protection de son nouveau client.  Pas de bol, à peine arrivé, il apprend que celui-ci s’est fichu en l’air et est raide comme la justice.  Mais le flair de l’homme de l’agence Fiat Lux lui indique que derrière le suicide du bonhomme, il y a du lourd.  Son enquête va le mener dans les milieux de la chnouf et des faux biftons, le tout entouré de jolies filles, on ne se refait pas…

 

Douzième Burma chez Casterman et cinquième pour Moynot, qui rattrape ainsi Tardi, le créateur -en dessin tout du moins- de la série.  La recette est connue depuis longtemps : une enquête classique mettant en scène le bougon Burma et ses acolytes habituels, le tout sur fond de petits secrets et de trahisons diverses.  Pour autant, l’ensemble reste redoutablement efficace grâce à l’ambiance créée par Malet, le côté éternellement poisseux des lieux que visite Burma se retrouvant dans ce tome malgré le soleil du Midi.

Le dessin de Moynot est comme d’habitude impeccable dans le genre polar qu'il affectionne manifestement, ses personnages ont de vraies gueules de l’emploi et son découpage est dynamique à souhait.  L’action se situe dans l’immédiate après-guerre, exit donc les restrictions et les uniformes vert-de-gris, place à l’album le plus lumineux de la franchise.  Pourquoi ce parti-pris de situer l’action en 1946 alors que le roman originel la situe en 1938 ?  Mystère, mais peu importe, Nestor s’acclimate bien à l’ambiance cannoise.

 

En bref : un très bon cru dans la série.

 

TITRE : Nestor Burma – L’homme au sang bleu

AUTEURS : Moynot (D & C) et Malet (S)

EDITEUR : Casterman – Parution le 1er novembre

GENRE : Mettons le mystère KO

 

Denis MARC

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Nestor Burma – L’homme au sang bleu © Casterman - 2017