Ludivine : L'Histoire sans dessous… dessous

Ludivine
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Ludivine - © Glénat

Et revoici Dany, le pinceau toujours trempé dans les douceurs féminines de l’érotisme léger, s’attaquant, cette fois, tous sourires dehors, aux dessous les plus charmeurs de la grande Histoire !

Ludivine, étudiante bien jolie, prépare une thèse consacrée à l’influence du sexe dans l’histoire. Ce qu’elle veut prouver, c’est que c’est la femme, depuis toujours, qui écrit vraiment l’histoire, de boudoir en chambre à coucher ! Aidée par son ami Jean-Baptiste, quelque peu amoureux éploré, elle se rend à la médiathèque pour y poursuivre ses recherches sur internet.

Et là, l’impossible arrive : elle est véritablement happée par la virtualité, et elle se retrouve ainsi immergée dans cette histoire qu’elle voulait décortiquer ! Des femmes des cavernes à la révolution française, de l’assassinat de Jules César à l’héroïne Jeanne d’Arc, Ludivine va ainsi influencer le cours des époques et des événements, par sa présence, certes, par sa beauté aussi, par sa liberté, enfin, toujours teintée d’un certain sens du libertinage !

Depuis que la BD s’est faite neuvième art, dans les années 70, force est de reconnaître que, après une époque de transition entre les petits mickeys et la bd adulte, les sujets sérieux ont souvent pris le dessus sur le seul délassement.

Souvent, mais pas toujours, fort heureusement !

Dany, par exemple, quelle que soit la thématique qu’il a abordée, quel que soit aussi le style graphique qu’il a adopté, a toujours privilégié le plaisir, le sien, celui de ses lecteurs également.

Bien sûr, depuis Olivier Rameau et l’adorable Colombe, on a compris que Dany aimait par-dessus tout les courbes féminines, et nqu’il avait une belle facilité à immortaliser les charnels atours de la beauté féminine…

Dans ses albums consacrés aux blagues coquines, son trait semblait créé pour l’érotisme, incontestablement, et le scénario n’était, finalement, qu’un faire-valoir de son dessin.

En se plongeant dans les dessous, froufroutants ou non, de la grande histoire, Dany s’amuse, encore et encore, pour notre plus grand plaisir ! Le scénario est sympathique en diable, et accompagne comme il le faut le bonheur de Dany à rendre hommage, à sa manière, au désir humain !

Il y a, de nos jours, beaucoup de dessinateurs qui se ressemblent, qui semblent même parfois se copier l’un l’autre. Il y en eut pas mal, également, à vouloir dessiner "à la manière de" Dany.

Mais la grande qualité de Dany, sa caractéristique, c’est que son dessin, son trait, ses couleurs, tout cela a créé depuis longtemps un style qui n’appartient vraiment qu’à lui. Une planche ou un dessin de Dany se reconnaît au premier coup d’œil, qu’il soit réaliste ou humoristique.

Dany, graphiquement, c’est un foisonnement de mouvements, de couleurs, de décors. D’érotisme tranquille et bon enfant, aussi, bien sûr. D’amusement, surtout peut-être, tant il est vrai que ce dessinateur reste et restera toujours un ado découvrant la vie et ses amoureuses merveilles !

Vous l’aurez compris, je suis de ceux qui, depuis longtemps, aiment Dany, son sens de la poésie, de l’humour, son plaisir à sourire et à faire sourire. Et ce, même lorsque le dessin prime sur le scénario, ce qui, avouons-le, lui est arrivé quelques fois…

Ici, l’ensemble, scénario et dessin, tient parfaitement la route, malgré quelques raccourcis un peu trop rapides parfois.

Ne boudons pas notre bonheur, en tout cas, à découvrir ce qu’était la vraie poule au pot ou à comprendre pourquoi les révolutionnaires de 1789 s’appelaient les sans-culottes !

 

Jacques Schraûwen

Ludivine : L’Histoire sans dessous… dessous (dessin : Dany – scénario : Erroc et Rodrigue – éditeur : Glénat)