Les meilleures BD de 2018 - 2e partie : adaptations, actualités, et inclassables

A travers, de Tom Haugomat
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A travers, de Tom Haugomat - © Thierry Magnier

Les thématiques se suivent et ne se ressemblent pas forcément : voici les adaptations, les BDs qui s'inspirent de l'actualité, et les inclassables, autrement dit, les Objets Graphiques Non Identifiés.

Le Prix de l’Adaptation

- Profession du père, de Sébastien Gnaedig, d’après Sorj Chalandon, Futuropolis 

Comment vit-on avec un mythomane ? Une autobiographie brillamment transposée en BD par Gnaedig, avec une économie de moyens inversement proportionnelle aux émotions suscitées.

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- Trois fois dès l’aube, de Denis Lapière & Aude Samama, d’après Alessandro Barrico, Futuropolis

Il fallait le talent pictural d’Aude Samama pour suivre les audaces scénaristiques de Denis Lapière, bien décidé à adapter un roman intransposable en BD. Vertigineux. Voluptueux.

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- Bonjour tristesse, de Frédéric Rébéna, d’après Sagan, Rue de Sèvres

Françoise Sagan modernisée ! Son roman n’a pas pris une ride, mais la BD dynamise cette histoire de passage douloureux à l’âge adulte. Et elle en change le point de vue.

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- Serena, de Risbjerg & Pandolfo, d’après Ron Rash, Sarbacane

Plus qu’un western, Serena est l’exploration d’une âme noire, vénéneuse. Celle d’une femme prête à tout pour réussir. Archétypal. Cerné au plus près par le dessin de Risbjerg.

- Décris-Ravage, de Baladi, d’après Adeline Rosenstein, Atrabile

Comment adapter une pièce de théâtre documentaire s’attaquant à la vaste question du changement de regard sur le Proche-Orient ? Avec talent et une totale inventivité !

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Le Prix de l'Actu

- Kivu, de Jean Van Hamme & Christophe Simon, Le Lombard

Autour de Guy-Bernard Cadière, chirurgien belge, et de Denis Mukwege, récent Prix Nobel de la Paix, des personnages fictifs pour expliquer la tragédie sans fin de l’Est du Congo. Bouleversant.

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- Guantanamo Kid, de Jérôme Tubiana & Alexandre Franc, Dargaud

L’histoire vraie de ce jeune Saoudien parti au Pakistan s’offrir un avenir meilleur et pris dans la tourmente de l’Après 11-Septembre. Glaçant. Pour comprendre ce qu’il y a derrière l’info.

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- Intisar en exil, portrait d’une femme moderne au Yemen, Pedro Riera, & Sagar, Delcourt 

Suite d’un album paru en 2013, mais avec un nouveau dessinateur et en couleur, cette fois. Une plongée dans les réalités de ce pays déchiré et de ses expatriés qui ne le sont pas moins.

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- Vies volées : Buenos Aires, place de Mai, de Mayalen Goust & Matz, Rue de Sèvres

Dépassant les clichés sur "les Folles de la Place de Mai", Matz nous emmène vingt ans après les kidnappings d’enfants réalisés par les proches de la junte argentine. Intelligent et sensible.

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- Les Visés, de Thomas Gosselin & Giacomo Nanni, Cambourakis

Comment un tueur de masse passe-t-il à l’acte ? C’est l’objet de ce presque documentaire sur la tuerie commise par Charles J. Whitman, en 1966, à Austin, Texas. Dessin à la hauteur du propos.

Le Prix de l’Objet Graphique Non Identifié

- Soirée d’un faune, de Ruppert & Mulot, L’Association

Les deux têtes chercheuses de la BD se sont emparées du Songe de l’après-midi d’un faune pour une variation pleine d’humour et d’érotisme, élégamment couchée sur une carte d’État-Major.

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- 3 Rêveries, de Marc-Antoine Mathieu, Delcourt

Il ne cesse de repousser les limites du médium. Sur le thème de la rêverie, M-A Mathieu convie ici trois formes de narration muette. Un jeu ludique et poétique dans sa boîte-écrin.

- Sous la maison, de Jesse Jacobs, Tanibis

Couleurs psychédéliques et dessin entre représentation et abstraction : Jesse Jacobs frappe fort. Résultat : on a mal aux yeux, mais on n’a jamais lu ça ! Et on y revient, l’appétit aiguisé. 

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- A travers, de Tom Haugomat, Thierry Magnier

Une vie entière sans mots, avec une image par page, celle de gauche montrant par quel prisme le personnage découvre celle de droite. Quand l’écriture sous contrainte sublime la création.

- Animabilis, de Thierry Murat, Futuropolis

Pas tout à fait un OGNI, mais l’ordonnancement envoûtant des grands dessins sur les doubles pages en prend le chemin. Pour le reste, un merveilleux hommage à Comès à lire absolument.