Les Dalton – Le Premier Mort

Les Dalton
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Les Dalton - © EP Editions

Tagada, Tagada, voilà les Dalton…

 

Coffeyville, Kansas, octobre 1892.  Le braquage a mal tourné, le shérif du patelin et ses habitants étaient prêts à recevoir la visite des frères Dalton et de leurs complices.  Bref, le bain de sang est inévitable.  Flash-back, 5 ans auparavant, Bob Dalton revient à la ferme familiale, il est Marshall et son jeune frère Emett ne rêve que de suivre ses traces et de faire régner l’ordre et la justice.  Pour eux comme pour Grattan, un autre de leurs frères, le destin en décidera autrement: cédant à l’argent facile (et malhonnête) ils glisseront petit à petit vers le banditisme.

 

Librement inspiré de la véritable histoire des Dalton, l’album scénarisé par Olivier Visonneau et Jesùs Alonso est très loin des quatre ahuris de Morris, donc ni de Joe, ni d'Averell dans ce récit rude et passionnant, mais les vrais Daltons. Débutant par la fin tragique des frangins et de leurs acolytes, le récit utilise une série de flash-back pour évoquer les étapes clés de la descente aux enfers d’une fratrie qui se voulait défenseuse de la justice et que les circonstances vont faire basculer dans la criminalité. Buveurs, joueurs, bagarreurs, aventuriers, les frères auraient pourtant pu rester dans le droit chemin et être du bon côté de la légende de l’Ouest.  Hélas pour eux, Coffeyville sera leur dernier coup.  Pour illustrer la violence des combats, il se dit que l’on compta 26 impacts de balles sur Emmett, le plus jeune frère. On notera qu’un des frères (on ne vous dit pas qui) écrira la biographie "When the Daltons rode", qui sera adaptée au cinéma par George Marshall avec Randolph Scott en vedette.
Visonneau se concentre sur trois des membres d’une fratrie qui comptait pas moins de quinze enfants, les plus célèbres évidemment, certains des autres étant restés d’anonymes et honnêtes fermiers ou ayant fait des études. Son récit est intelligemment mené, rendant les personnages attachants sans verser dans l’hagiographie, les Dalton sont des criminels et il les montre comme tels.

Le dessin de Alonso est semi-réaliste et d’un dynamisme qui convient très bien à un récit riche en action. Les personnages ont une belle expressivité et les décors sont fouillés.

Tout ça tient bien la route et suscite l’attente du deuxième et conclusif tome de la saga des frangins.

 

En bref : du tout bon western d’aventure.

 

Les Dalton – Le Premier Mort par Alonso et Visonneau chez EP Editions

 

Denis MARC