Les BD du confinement en lecture gratuite : Le Detection Club, pas "members only" !

C’est une des conséquences, certes moins dramatiques que les autres, du Covid 19 : les maisons d’édition ont reporté, massivement, et jusqu’à nouvel ordre, les dates de sorties des nouveautés. On peut voir ça sous l’angle du verre et de son niveau de remplissage.

Tentons le "verre à moitié plein" au rayon de la BD. Avec cette touche "pause" enfoncée, le flot intempestif des sorties est, un temps, figé. Reconnaissons qu’avec plus de 5000 sorties par an, dont un nombre non négligeable s’avère non essentiel, cet arrêt va permettre de souffler un peu et permettre de se pencher sur ce qu’on a raté.

Et ça tombe bien, puisque quelques éditeurs, dont Dargaud, ont décidé d’offrir en lecture quelques albums. Souvent de tomes 1, il faut le souligner. Mais pas que. Comme cet excellent one shot : le Detection Club.

pour lire en ligne sur le site de Dargaud

Alors, le Detection Club, quèsaco ?

C’est un club qui a vraiment existé. Réunissant la crème des auteurs de romans policiers dans les années 20. Mais la réalité historique s’arrête là. A l’endroit même où le génie de Jean Harambat démarre. Comme il le fit avec son excellent Opération Copperhead, cet esthète érudit n’aime rien moins que mettre les petites histoires dans la grande, et brouiller les pistes. Jugez plutôt : invités par un riche excentrique sur son île en Cornouailles, les membres de cette association très select qu’est le Detection club se voient mettre en concurrence avec un robot enquêteur, dernière création du propriétaire des lieux, richissime homme d’affaires et inventeur borderline à ses heures. L’arrogant hôte passant l’arme à gauche, démarre alors une enquête, diligentée par le célèbre aréopage.

Harambat jongle et mixe avec minutie son histoire, les clins d’œil, références et hommage au genre, sans jamais oublier de soigner ses personnages qu’il aime comme un Docteur Frankenstein attentionné. Et, élégance rare, son lectorat. Du grand art.