Le Prix Diagonale est mort, vive le Prix…

Catel
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Catel - © Jean-Baptiste Millot

Soirée de remise de prix et de changements à Louvain-la-Neuve vendredi soir.

C’était la fête des bulles à Louvain la Neuve ce dernier week-end.  En plus des désormais traditionnelles animations BD, des bourses de collectionneurs et des dédicaces, se déroulaient les dernières remises des Prix Diagonales de la BD.  Petit rappel, les Prix récompensent chaque année un album, une série et un auteur pour l’ensemble de son œuvre.  Une cérémonie qui fêtait cette année son onzième anniversaire avant de s’éteindre sous sa forme actuelle. 

Des changements en vue

Alors, le Prix Diagonale est mort, bienvenue au Prix Victor Rossel.  C’est Daniel Couvreur du Soir qui s’est chargé de l’annonce.  Si le jury -composé d’une dizaine de dessinateurs et scénaristes (et pas des moindres, puisque s’y trouvent Servais, Walthéry, Dufaux, Berthet, Vanhamme, Clarke et quelques autres encore) - continuera d’officier aux destinées du Prix, ses statuts changeront.  En effet, le Prix Victor Rossel devra récompenser des auteurs Belges ou résidant en Belgique depuis 5 ans au moins, ceci afin de se conformer aux prix littéraires déjà existants sous ce nom.  Une limitation qui pourrait crisper certains à l’heure ou de plus en plus souvent des collaborations internationales se nouent, mais soit, nous verrons ce que l’avenir nous dira.

Des femmes dans le jury…enfin !

Autre changement, le Grand Prix du Jury qui récompense un auteur pour l’ensemble de son œuvre et le fait entrer de facto dans l’académie des auteurs présidant à sa destinée, sera une année sur deux remis à une femme.  Une mise à niveau bienvenue, car, si elles représentent 20% des auteurs BD, elles étaient largement sous représentées dans l’assemblée, seule Maryse Charles occupant un demi siège partagé avec son époux Jean-François.

Autre Prix, autre Président

Fondateur et cheville ouvrière du Prix, Jean Dufaux laisse sa place de Président au profit de Bernard Hislaire (ou Yslaire).  L’auteur de Sambre et Bidouille et Violette s’est longuement exprimé sur la place des femmes dans la BD avant de remettre -visiblement ému- le Prix du Jury à…une femme justement.

Et l’avenir ?

Quid de l’avenir de la manifestation toute entière ?  Les prochaines élections et un éventuel changement de majorité qui s’en suivrait pourraient avoir une influence sur un prix et un festival largement portés par David Da Camara et Dominique Bleeckx respectivement échevin écolo et cheffe du service culture de la commune d’Ottignies-LLN.  En effet, la manifestation est couteuse et une majorité moins portée sur le 9ème art pourrait y voir une opportunité d’économies.

Le palmarès

N’oublions pas les héros de la soirée, j’ai nommé les auteurs récompensés

Prix du Meilleur Album : Cinq branches de coton noirs de Cuzor et Sente chez Dupuis.  Un remarquable album chroniqué ici qui, sur deux époques différentes, racontait la création et la recherche du premier drapeau de l’Union.

Prix de la Meilleure Série : J.K.J Bloche de Dodier chez Dupuis.  Une de ces séries tellement ancrées dans le paysage qu’on ne la remarque plus alors qu’il s’agit d’une des plus sympathique et attachante qui soit.

Grand Prix du Jury : Catel.  De son nom complet Catel Muller, elle est la dessinatrice d’albums mettant en scène des femmes remarquable et trop souvent oubliées.  On a déjà parlé dans ces chroniques de son excellent Joséphine Baker chez Casterman.  Elle a également remis en lumière Kiki de Montparnasse ou Olympe de Gouges, deux femmes d’exception.

 

Denis MARC