La Ligue des Voleurs

La Ligue des Voleurs
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La Ligue des Voleurs - © Jungle - Dagda & Mazaurette - 2016

Qui vole un bœuf…est vachement costaud

 

A l’école des voleurs la jeune Clémence n’est pas la moins douée, entre les cours d’infiltration, de décryptage et d’effraction elle s’en sort plutôt bien. Mais son rêve à elle ce serait d’étudier la grammaire ou la géo dans une école normale. Alors, dans une famille où le vol est élevé au rang d’art de vivre, ça passe mal, quand on est la fille de deux braqueurs fameux, estimés membres de la Ligue des Voleurs, pas question de perdre son temps à la bibliothèque à étudier la bio, pas plus que d’avoir des relations avec les gens "normaux". Pour Clémence, ne pas décevoir ses parents quand on est plus bac. que fric-frac n’est pas chose aisée.

 

Joyeux renversement de valeurs pour cet album au ton et au dessin frais et colorés. Le principe de l’école "un peu différente des autres" a déjà été utilisé - songeons à Harry Potter en premier lieu - mais le traitement qu’en font Dagda au dessin et Maïa Mazaurette (Péchés Mignons) au scénario apporte une dose d’immoralité iconoclaste franchement plaisante.

Les dialogues de Mazaurette valent leur pesant de cacahuètes volées : entre le chargement du coffre de maman qui part au boulot (avec quelques grenades à fragmentation) et le récit de la bonne copine qui a été braquer une bijouterie en famille (la plaie), on sourit et même plus. Portés par un récit humoristique, il y a, par-delà, la recherche typiquement adolescente de la normalité chez Clémence, avec un tiraillement entre deux mondes, avec un besoin de se démarquer de papa-maman, avec surtout une volonté de faire ses propres choix.

Le dessin tout en couleurs vives de Dagda oscille entre l’illustration pour enfants et la BD franco-belge classique avec de belles mises en pages et des planches dynamiques. Seul regret : ne vous laissez pas distraire de la lecture de l’album par une couverture qui évoque plus un livre de contes de fées que la BD intelligente et vraiment drôle qu’elle cache.

 

En bref : un récit enlevé et amusant, dont on espère une suite.

 

La Ligue des Voleurs par Dagda et Mazaurette chez Jungle

 

Denis MARC