La Bombe ou " L'ombre d'Hiroshima "

La Bombe
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La Bombe - © Glénat - 2020

 

6 Aout 1945. 8 Heures 15 Minutes. L’équivalent de 15 à 20.000 tonnes de TNT explose provoquant, grâce aux 3.000 degrés centigrades en résultant, la quasi vaporisation des bâtiments et des Hommes dans un rayon de 2 kilomètres autour du point zéro. L’Humanité vient d’entrer dans l’ère nucléaire. Nous sommes à Hiroshima.
Douze ans plus tôt Léo Szilard, juif et professeur à l’Université de Berlin, a eu une vision, celle d’un événement physique conduisant à une réaction en chaîne pouvant produire une énorme quantité d’énergie. Si, pour l’heure, il ne peut pas encore démontrer sa théorie, il a déjà l’intuition qu’un tel phénomène pourrait conduire à la fabrication d’une arme de destruction massive. Bientôt, il fuira l’Allemagne nazie. La mise en œuvre du Projet Manhattan ne tardera plus…

 

Trois auteurs, 472 pages pour un poids de 2026 grammes… Il n’en fallait pas moins pour raconter de manière absolument brillante la saga de LA bombe. Derrière l’exploit – car c’en est un — de la construction d’un tel engin, il a des hommes, des hommes qui doutent, d’autres qui n’ont comme objectif que de gagner la guerre, d’autres encore qui songent déjà à un rapport de force équilibré entre les grandes puissances et qui feront passer des infos par-delà le rideau de fer. Ce sont ces hommes que raconte le trio Rodier (au dessin), Alcante et Bollée (au scénario) dans cette brique qu’est l’album. Pas besoin d’un master en physique nucléaire pour comprendre l’action, l’effort de vulgarisation réalisé est de ce point de vue tout à fait remarquable, le trio parvenant à faire percevoir la mécanique de l’ensemble sans assommer le lecteur de concepts théoriques abscons. De toute façon, ce sont surtout les hommes qui sont au centre du scénario. Qu’ils soient chercheurs, militaires ou victimes chacun d’eux intervient et apporte sa touche personnelle à l’Histoire, le duo de scénariste veillant à leur accorder la place qu’ils méritent sans juger leurs actions. Au lecteur, à l’aune de sa propre sensibilité, à décider de la moralité de leurs actes.

Au dessin, Rodier assure un fort beau travail en noir et blanc avec un trait clair et efficace à la lisière entre le comics et la BD franco-belge.

Bref, on ne pourra mieux dire que l’album représente un fantastique et passionnant travail d’information, de vulgarisation et de mémoire alors que l’on va prochainement célébrer les 75 ans que l’événement.

 

TITRE : La Bombe

AUTEURS : Rodier (D) et Alcante & Bollée (S)

EDITEUR : Glénat Coll. 1000 Feuilles (Parution ce 4 mars 2020)

 

Cotation Mon Petit Neuvième : 10/10

 

Denis MARC