J'ai tué… John Lennon

J’ai tué… John Lennon
2 images
J’ai tué… John Lennon - © Vent d'Ouest

Plongée dans la tête d’un tueur.

 

New York, décembre 1980.  Un homme quitte l’aéroport et prend un taxi pour rejoindre un appartement YMCA tristounet.  Dans sa tête ça se bouscule, il se rêve batteur des Beatles, ou plutôt bassiste ou alors manager.  Quoi qu’il en soit, il a le sentiment d’avoir loupé sa vie alors que Lennon et ses potes ont tout, la gloire, la richesse, le talent…  Alors, il se dirige vers Central Park et l’immeuble Dakota où réside Lennon.  Il y retrouve d’autres fans.  Après avoir fait dédicacer un album, il hésite, John a été tellement sympa…  Il reviendra le lendemain et, tapis dans l’ombre, abattra le chanteur de plusieurs balles.  Pari gagné, Mark Chapman est devenu quelqu’un.

 

Passionnante plongée dans la psyché de l’homme que les fans des Beatles détestent encore plus que Yoko Ono, le 5ème tome de la série concept J’ai tué… chez Vent d’Ouest revient sur les motivations troubles de Chapman, un homme qui se voyait comme un raté.  Forcément romancé, l’album de Rodolphe et Séjourné propose si pas LA vérité tout au moins une vision plausible du crime de Chapman.

Exclusivement centré sur un Chapman, présent dans quasiment chacune des cases de l’album, Rodolphe qui œuvre au scénario intègre les délires du tueur dans l’action, réussissant à mélanger sous les yeux des lecteurs rêves, réalité et interviews fantasmées.  C’est un Chapman courant après des chimères de gloire et profondément jaloux de la réussite des autres qu’il décrit dans un récit sans temps morts.

Le dessin de Gaël Séjourné confère beaucoup de réalisme à l’ensemble, tant le physique des personnages que l’ambiance des années 80 est respecté.  Pour le reste, la mise en scène est classique et efficace.  On notera encore le clin d’œil de la couverture à la pochette de l’album Abbey Road.

 

En bref : un bon album pour entrer en douceur dans la tête d’un tueur.

 

J’ai tué… John Lennon par Séjourné et Rodolphe chez Vent d’Ouest

 

Denis MARC