Forçats – Le prix de la liberté

Forçats
Forçats - © Les Arènes - 2017

Eugène Dieudonné, de la bande à Bonnot ?

 

De retour de Cayenne, le grand reporter Albert Londres engage une lutte sans merci contre le bagne.  Dans Le Petit Parisien, il raconte l’horreur de son voyage en Guyane et interpelle le ministre des Colonies.  Parallèlement, il poursuit ses investigations pour faire innocenter Eugène Dieudonné, ralliant l’opinion publique à sa cause.  Mais le temps presse…  À bout de forces et de patience, l’anarchiste ne tiendra plus longtemps sur l’île du malheur.  Confronté aux turpitudes journalistiques et aux lenteurs de la justice, Albert Londres devra déployer toute son énergie pour sauver son protégé et changer le cours de l’Histoire. (Texte de l’éditeur)

 

Géniale suite du 1er tome paru en septembre 2016, cet opus suit les pas d’un journaliste engagé, ne ménageant pas ses efforts pour faire fermer ces bagnes inhumains -taches infâmes sur la réputation du pays des droits de l’homme- ou étaient envoyés les repris de justice.  Mais si ce diptyque s’intéresse tout particulièrement à ce combat pour la réhabilitation de Dieudonné, il ne faudrait pas oublier que Londres lutta aussi pour le sort de françaises déportée en Argentine pour y être prostituée, qu’il dénonça les traitements appliqués dans les asiles psychiatriques ou encore les absurdités du règlement du tour de France qu’il surnommait le tour de souffrance. 
Son crédo résume l’idéal de sa profession et demeure une référence : " Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. "

 

Forcément romancé mais basé sur des événements bien réels, le récit de Bedouel et Perna sort du lot par la force qui émane des deux protagonistes.  Celle du bagnard injustement accusé d’abord, par sa détermination farouche à s’évader, celle du journaliste ensuite, convaincu de l’innocence du premier.  Ces deux volontés conjuguées finissent par emporter le lecteur plus encore que l’histoire qui les sous-tend.

Le dessin de Bedouel, avec ses larges aplats de noir des oeuvres de Florence Fantini est pour beaucoup dans la réussite d’un album profondément humaniste à l’image de la production précédente du duo consacrée au médecin d’Himmler.

 

En bref : une totale réussite.

 

TITRE : Forçats – Le Prix de la liberté (T.2/2)

AUTEURS : Perna (S), Bedouel (D) et Fantini (C)

EDITEUR : Les Arènes

GENRE : BD reportage indispensable

 

Denis MARC