F'murr : Les Alpages ont perdu leur génie

F'murr
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F'murr - © Dargaud

Avec F’murr, c’est un des grands noms de l’évolution du neuvième art qui disparaît.

F’murr, qui vient de décéder à l’âge de 72 printemps, appartient en effet à la grande histoire de la bande dessinée.

C’est dans les années 70 que le journal Pilote lui ouvre ses pages, avec une petite série qui, déjà, sera marqué par son sens aigu de l’absurde: les " Contes à rebours ".

Assez rapidement, il va créer "Le génie des alpages", un univers alpestre absolument indéfinissable, dans lequel chiens, humains et moutons parlent et délirent comme le faisaient les personnages de Tex Avery, mais avec moins de folie visuelle et plus de démesure verbale…

Mais F’murr, c’étaient aussi des albums dans lesquels, chantre d’un humour aux décalages jouissifs, il s’intéressait à des sujets différents, allant de la SF à l’Histoire déjantée… Ses contributions à quelques magazines qui ont, à oeur manière, révolutionné l’univers de la bande dessinée, " Métal hurlant ", " Circus ", " Le Canard sauvage ", lui ont permis à la fois d’assurer son talent et de devenir une des figures de proue d’une BD résolument adulte dans ses thèmes et ses dérisions.

Adepte d’un non-sense à la française, proche, dans ce sens, de Chaval, bien entendu, mais aussi de Bosc, voire même de Topor, F’murr a rejoint aujourd’hui ses adorables moutons…

Jacques Schraûwen