Du sexe intello, mais du sexe quand même

Polaris – La nuit de Circé
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Polaris – La nuit de Circé - © Delcourt - 2018

Polaris – La nuit de Circé.

 

Jeanne Condorcet est inspectrice de police à Paris.  Ça, c’est pour ses activités de jour, car, la nuit, elle se transforme en libertine, multipliant les aventures d’un soir.  Envoyée sur une scène de crime, elle y découvre un corps nu, extatique et étranglé.  Simple accident de parcours dans un rapport SM trop violent ?  Jeanne ne se contente pas de cette explication et va petit à petit entrer dans un monde caché où les jeux sexuels organisés par le club Circé en mémoire de Polaris – une prostituée des années 30- vont l’amener à s’interroger sur sa propre sexualité.

 

Qu’on ne s’y trompe pas, l’album de Vehlmann n’est pas un recueil plus ou moins glauque de pratiques sexuelles bizarroïdes, amateurs de zguegs et de foufounes en gros plans passez votre chemin.  Pour autant, les scènes de sexe ne manquent pas, mais elles servent une histoire explorant les jeux sexuels inhabituels tels que pratiqués dans certains clubs.  Les auteurs ont d’ailleurs soumis leurs idées à des " spécialistes " du genre qui ont poussé le sacrifice jusqu’à les tester et les valider, ainsi du jeu du Sphynx ou de celui des marionnettes décrits dans l’album.  Au-delà de l’exploration sexuelle et de l’enquête policière, les auteurs explorent les relations humaines complexes qui animent les membres du club Circé.  Résultat, le bouquin, s’il ne manque pas de qualités, s’avère au final peu émoustillant à force d’intellectualisation du sexe, un comble…

Coté dessin, c’est Gwen de Bonneval qui se charge de la mise en scène.  Son trait est sombre et pour l’essentiel en noir et blanc, certaines scènes relatives à des souvenirs ou des rêves sont -elles- en couleur.

 

En bref, un album intéressant, au thème original mais qui pâtit d’un petit manque de légèreté.

 

TITRE : Polaris – La nuit de Circé

AUTEUR : De Bonneval (D) et Vehlmann (S)

EDITEUR : Delcourt – Coll. Mirage

GENRE : " La pornographie, c’est l’érotisme des autres. " André Breton

 

Denis MARC