Comès en son (nouvel) écrin

L’Encrage ardennais au Musée en Piconrue jusque mi-janvier 2017
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L’Encrage ardennais au Musée en Piconrue jusque mi-janvier 2017 - © RTBF Thierry Bellefroid

C’est en province du Luxembourg, à Bastogne, que le Fonds Comès cédé par la famille à la Fondation Roi Baudouin est désormais accessible au public. Le Musée en Piconrue propose depuis le 23 avril et jusque mi-janvier 2017 une exposition remarquable placée dans une perspective ethnographique. Elle s’intitule L’Encrage ardennais.

Bastogne n’est pas seulement la ville du Mardasson. Depuis peu, le Musée en Piconrue, revu de fond en comble, est à nouveau accessible au public. Relifté, repensé, rafraîchi. En témoigne la superbe exposition permanente sur Les Âges de la vie qu’on peut aller voir en même temps que celle consacrée à Comès. On pourrait s’étonner que l’oeuvre du père de Silence et de La Belette n’ait pas trouvé de point de chute dans les Hautes Fagnes, la région où est né et a vécu Comès. Mais le choix de Bastogne est cohérent pour deux raisons au moins : la ville se situe dans les Ardennes et elle a été marquée par la Seconde Guerre Mondiale, étant au coeur de la Bataille des Ardennes, l’un des sujets traité par Didier Comès.

À la mort de celui qui a été l’un des plus grands auteurs belges de l’après-guerre, l’oeuvre a bien failli être dispersée. Âgé d’à peine plus de septante ans au moment de son décès, Didier Comès n’avait en effet pris aucune disposition testamentaire. Son frère aîné et ses deux soeurs ont toutefois eu le réflexe de céder à la Fondation Roi Baudouin l’ensemble des planches, des crayonnés, esquisses et documents trouvés chez lui. Après un long travail de recensement, la Fondation a confié cette collection au Musée en Piconrue, qui était alors en plein chantier. Un peu plus de deux ans plus tard, voici la première exposition posthume des oeuvres de Comès. On y trouve une centaine d’originaux replacés pour la plupart dans leur contexte ethnographique puisque telle est la vocation du lieu.

Les salles sont de taille et de géométrie très variables, ce qui crée constamment la surprise. La lumière est travaillée de manière à installer des ambiances tamisées, volontiers nocturnes, qui correspondent au climat des albums. Les planches sont posées par thématique et non par ordre chronologique. Cela peut perturber le véritable amateur, mais cela crée a contrario une remarquable cohérence qui attire le regard sur les constantes que l’on retrouve tout au long d’une carrière commencée au tout début des années 70 et qui a pris fin en 2006 avec l’ultime album chez Casterman, Dix de Der, précisément consacré à la Bataille des Ardennes. Dans des vitrines posées ça et là, des objets entrent en résonnance avec l’oeuvre. Les textes sont courts mais ils fourmillent d’informations sur les moeurs dans les zones rurales, la religion, l’animisme, etc. La scénographie est moderne, dynamique. Clou du spectacle : une fresque lunaire peinte par une jeune garçon de l’enseignement secondaire à partir d’une diapositive projetée sur le mur : magnifique !

On regrettera toutefois la manière dont certains fac-similés voisinent avec les originaux dans une similitude de présentation difficilement défendable. C’est d’autant plus regrettable que le musée possède plusieurs centaines d’originaux à sa disposition. Autre reproche : le site internet ne propose qu’une seule phrase au sujet de l’expo. Pas même une photographie, ni un quelconque résumé ! À l’heure d’internet, voilà qui est vraiment regrettable. Que ces légers bémols ne vous empêchent pas de profiter de vos congés du mois de mai pour aller jeter un œil à ce très bel endroit.

Le 09/05/16 : Livr(é)s à domicile reçoit Caryl Férey

Cette semaine, c’est la lectrice Martine Vandemeulebroucke qui accueille chez elle l’écrivain français Caryl Férey qui vient de sortir chez Gallimard un nouveau polar " Condor ". Après s'être aventuré en Nouvelle-Zélande avec " Haka " et " Utu ", puis en Afrique du Sud avec " Zulu ", il revient pour la seconde fois sur le continent sud-américain. Et dans la Figure imposée, un roman déjanté d'anticipation avec en guest star, Alain Delon dans un rôle inédit ! A découvrir sur La Deux à 22h45.

Publié dans la série noire de Gallimard, " Condor ", du romancier français Caryl Férey démarre dans les bas-fonds de Santiago, où la pauvreté côtoie la drogue, et qui s’achève dans le désert minéral d’Atacama. Par le biais d’une enquête, le roman engagé de Caryl Férey nous plonge dans l’histoire torturée du Chili, de la dictature des années 70 au retour de la démocratie.

Condor " est aussi une histoire d’amour entre une jeune vidéaste rebelle et un avocat spécialisé dans les causes perdues. Un polar sombre et révolté, qui met à nouveau à l’honneur les Indiens Mapuche (son roman précédent, " Mapuche ", a obtenu en 2012 le Prix Landerneau et en 2013, le Prix Ténébris).

Caryl Férey a grandi en Bretagne, une terre qu’il aime par-dessus tout pour ses côtes déchiquetées. Grand voyageur, il a fait un tour du monde à 20 ans et parcouru l’Europe à moto. Il a notamment travaillé pour un guide touristique. Se consacrant désormais à la littérature, il a obtenu de nombreuses distinctions pour ses romans policiers. Il écrit aussi pour les enfants, pour les musiciens, le théâtre et la radio.