BUG

Bug
3 images
Bug - © Casterman - 2017

Bilal nous propose son Ravage informatique

 

Décembre 2041, une anomalie frappe tous les ordinateurs, systèmes connectés et autres bidules électroniques du monde entier : les mémoires numériques ont disparu.  Plus un lien internet ne fonctionne, plus un seul numéro présent dans les GSM, plus rien.  Dès lors, les catastrophes s’enchaînent, les véhicules auto-pilotés se crashent, les drones-tueurs se trompent de cibles, jusqu’au pacemakers qui déraillent…  Pendant ce temps, Kameron Obb, seul survivant d’une expédition vers Mars, présente un cas d’hypermnésie aussi soudain qu’inattendu, il se retrouve dépositaire de toute la mémoire de l’humanité alors qu’un parasite mi-organique mi-synthétique se fraie un chemin dans son organisme.  De quoi, pour lui, être l’objet de bien des convoitises…

 

Retour en force du grand Enki Bilal dans le genre anticipation qu’il affectionne.  Après les cryptiques albums précédents, le Yougoslave revient avec un album mise en garde où il prévient des travers d’une société hyper-connectée où à force de se fier à la machine, l’homme en a perdu sa capacité à mémoriser des informations de base.  Entre les suicides liés à la cyberdépendance et les fautes d’orthographe des journalistes sans correcteur, l’auteur des formidables "Exterminateur 17" et "La Femme Piège" décrit un monde à la dérive qui tente de survivre.  C’est dense sans être pesant car en plus, le dessinateur-scénariste-coloriste introduit de-ci de-là une pointe d’humour.

Si l’idée d’un black-out généralisé a déjà été traitée (on pense au Ravage de Barjavel), le traitement qu’en fait Bilal a l’avantage de l’originalité et surtout, de bénéficier d’un traitement graphique de haute volée.  Car Bilal est avant tout un peintre-dessinateur hors pair, ses cases sont toutes de petits tableaux aux cadrages originaux.  On regrette d’ailleurs que l’album soit proposé dans un petit format, moins immersif que des planches de grande taille.

En bref, un retour de grande qualité qui fera plaisir aux fans déconcertés par ses titres précédents.

 

TITRE : BUG

AUTEUR : Bilal (D, S & C)

EDITEUR : Casterman

GENRE : Le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mise dans les mains d’un psychopathe.  (A. Einstein)

 

Denis MARC