Bitch Planet

Bitch Planet
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Bitch Planet - © 2016 - Glénat Comics

Chantons dessus, wowowoh

 

Dans le futur.  La société est dirigée exclusivement par les hommes.  Etiquetées " Non Conformes ", les femmes qui se rebellent contre cette domination ou plus simplement qui ne plaisent plus, sont rééduquées sur l’EAC, l’Etablissement Auxiliaire de Conformité plus communément appelé Bitch Planet, une prison située en orbite au-dessus de la Terre.  On ne s’évade pas de Bitch Planet, on n'en revient pas non plus, les sujets les plus gênants pouvant y être discrètement éliminés.  La nuit des bandes-son sont diffusées en permanence durant le sommeil des détenues pour leur rééducation.  Parmi les prisonnières, Kam est choisie pour former une équipe de filles qui participeront à un jeu télé ultra violent contre une équipe d’hommes.  Après quelques hésitations, elle accepte voyant là une opportunité de quitter l’EAC.

 

Entre récit SF et pamphlet social, Bitch Planet est un album à la croisée de la série Orange is the New Black pour le lieu et l’atmosphère toujours pesante de la prison et du Running Man de Stephen King pour le côté télé-spectacle.  Mais au-delà de ces références, il propose une réflexion sur la place de la femme dans une société actuelle qui se prétend égalitaire.  Si la violence –physique- de notre société est moins présente que celle de l’album, elle n’en est pas moins réelle pour celles qui -sous d’autres climats- ont à subir les diktats archaïques de sociétés patriarcales ou religieuses qui sous couvert de les protéger les étouffent consciencieusement.

 

Le scénario est réalisé par Kelly Sue Deconnick, une spécialiste des comics à super-héros tels Avengers ou Black Widow.  Sans qu’on sache précisément ce qui a amené ses héroïnes sur Bitch Planet, elle leur assure un capital de sympathie dès l’entame de l’album malgré la violence bien réelle dont elles font montre.  La tension dramatique est dès le début à son comble et ne faiblit pas tout au long de ce premier tome.  Pour autant, l’humour trouve sa place avec ces fausses pubs qui clôturent les chapitres.

Le dessin est de Valentine De Landro (pour info Valentine est un homme), il trace des planches efficaces au trait plus sobre que ne pourrait le laisser penser la couverture dans un style réaliste pour les personnages et plus épurés pour les décors.

L’album se prolonge d’un dossier d’interview des auteurs.

 

Au final, un album qui réussit le difficile mix entre action pure et réflexion sociétale.

 

En bref : pour amateurs de SF et les défenseurs de l’égalité homme-femme.

 

Bitch Planet – Extraordinary Machine par De Landro et Deconnick chez Glénat Comics

 

Denis MARC