BIG K - L'Intégrale

Big K - L'Intégrale
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Big K - L'Intégrale - © Sandawe - Duchêne & Ptoma - 2015

Big K, il aime tuer...

 

Chapitre colombien concluant le triptyque de Ptoma et Duchêne pour Frank Kielowski dit Big K, dit Iceman, le tueur de la mafia. Initialement parue chez Casterman puis abandonnée par l'éditeur pour "changement de ligne éditoriale", la sordide histoire de Big K trouve -enfin- sa conclusion sous la forme d'une intégrale chez Sandawe.

Librement inspiré de la vie de Richard Kuklinski -authentique porte-flingue de la famille mafieuse des Gambino-, Big K raconte le parcours d'un homme dénué de scrupules et d'émotions dont la carrière de tueur démarre dès le plus jeune âge pour se poursuivre sur près de 40 ans.

Située dans les années 70, l'histoire balance entre action "contemporaine" et flash-back sur l'enfance de Frank, derrière le tueur froid et méthodique se cache un être brisé par une ambiance familiale délétère qui n'excuse rien de son comportement mais permet d'en comprendre une partie. Aimant tuer, le père de famille -dans la vraie vie de Kuklinski, son épouse ne se doutera jamais de ses activités- se double d'un psychopathe sadique filmant parfois ses exécutions…

Le troisième chapitre inédit de l'intégrale se situe pour une bonne part en Colombie, où Frank est envoyé en reconnaissance pour rencontrer un certain Pablo Escobar, avec qui ses commanditaires désirent faire affaire. De son arrestation et de la traque qui l'aura précédée on ne saura rien, l'album s'achevant alors que Big K est au meilleur de sa forme...

 

Le scénario de Ptoma ne fait pas dans la dentelle, l'histoire ne cherchant pas à faire de Big K un type sympa ou simplement fréquentable. Il le décrit tel qu'il est : brutal, sadique et dénué de remords. Par son côté malsain, on déconseillera aux âmes trop sensibles la lecture de cette histoire par ailleurs fort bien construite et prenante, dommage pour elles.

Le dessin de Duchêne colle à l'ambiance poisseuse des lieux et des circonstances. Frank évolue dans un univers glauque qu'il retranscrit avec brio. Sombre à souhait, le personnage semble sorti des égouts de la grosse pomme, rien à voir avec le côté propret du Tueur de Jacamon et Matz par exemple. Les couleurs -sombres- sont assurées par Tanja Cinna.

 

En bref : âpre et efficace, un régal pour amateurs de polar noir-de-noir

 

Big K – Intégrale par Duchêne et Ptoma chez Sandawe

 

Denis MARC