BD: la maison d'édition bruxelloise Le Lombard fête ses 70 ans

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Hergé - © BELGA

Le Lombard fête son 70e anniversaire. Raymond Leblanc et Hergé mettent cette maison d'édition sur pied en 1946, avec, le 26 septembre de la même année, la parution du premier numéro de l'hebdomadaire "Tintin".

Les 60.000 exemplaires du magazine et de son équivalent néerlandophone "Kuifje" sont épuisés en trois jours. Le père de Tintin est rédacteur en chef et directeur artistique. Il s'entoure d'Edgar Pierre Jacobs (Blake et Mortimer), Jacques Laudy (Hassan et Kaddour) et Paul Cuvelier (Corentin).

Les premiers albums de la maison bruxelloise sont publiés en 1950: "Le Secret de l'Espadon" (Jacobs) et "Les Extraordinaires Aventures de Corentin" (Cuvelier). Dans les années 50, plusieurs séries sont lancées par le biais du périodique. Elles deviendront de grands succès, à l'instar de Chick Bill (Tibet), Ric Hochet (Tibet et André-Paul Duchâteau), Chlorophylle (Raymond Macherot), Modeste et Pompon (André Franquin), Michel Vaillant (Jean Graton) ou encore Oumpah-Pah (Albert Uderzo et René Goscinny).

1958 marque l'inauguration des nouveaux bureaux de la maison d'édition dans un immeuble au sommet duquel trône une enseigne géante de Tintin et Milou. Appelée à devenir l'un des symboles de la capitale, l'effigie sera classée en 2006 par la Commission royale des monuments et sites.

D'autres séries intégreront le journal Tintin dans les années 60, notamment Taka Takata (Jo-El Azara). L'hebdomadaire, alors dirigé par Greg, accueille encore fin des années 70 de nombreux héros à succès comme Thorgal (Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski) ou encore Yakari (Derib et Job). C'est probablement l'apogée du magazine, un format qui sera progressivement délaissé par le public au profit des albums.

Raymond Leblanc cède son entreprise en 1988 au groupe franco-belge Média-Participations. La fin est proche pour l'hebdomadaire. Cinq ans après la mort d'Hergé, les gestionnaires de son œuvre souhaitent récupérer l'exploitation du nom du magazine. Un "Tintin reporter", publié dans la foulée par Yéti Presse, fera pas long feu. Le Lombard tente de relancer un magazine, "Hello Bédé", avant un arrêt définitif en 1993.

Pour ce qui est des albums, les productions Peyo rejoignent le catalogue Lombard à cette période ainsi que Léonard. La collection de prestige Signé apparaît en 1994. Des auteurs confirmés y vont de l'une ou l'autre création.

Autodécrit comme éditeur "généraliste de qualité", Le Lombard s'est ouvert ces dernières années aux formats et styles plus atypiques au Neuvième Art comme le roman graphique. Dans ce même souci de diversité, Le Lombard publie début 2016 les quatre premiers volumes de sa "Bédéthèque des savoirs", une collection didactique approchant différents domaines des sciences humaines.

Les racines ne sont pas oubliées et les récentes sorties de la maison font la part belle aux reprises. Une nouvelle aventure de Corentin sur un scénario de Jean Van Hamme voit ainsi le jour ainsi qu'un hommage à Chlorophylle, sous le trait de René Hausman, proche de Macherot et décédé au printemps dernier. Des héros phares comme Ric Hochet ou Bob Morane sortent également dans une version rafraîchie.

Toute cette production ne doit toutefois pas contrevenir à la volonté affichée par les responsables actuels de réduire la voilure en termes de production. Le nombre de sorties annuelles est ainsi passé de 136 albums il y a cinq ans à 90 l'an dernier.

Avec 1,8 million d'exemplaires vendus l'an dernier, Le Lombard est un acteur important dans le monde de l'édition de BD, aux côtés notamment de ses confrères chez Média-Participations: Dargaud et Dupuis. La maison bruxelloise s'exporte par ailleurs bien: plus de 700.000 albums Lombard sont vendus chaque année en langues étrangères, avec des héros comme Yakari et Thorgal en best-sellers.


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