Astérix - Le papyrus de César

Le papyrus de César
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Le papyrus de César - © Albert-René - 2015

On progresse, c'est pas encore ça, mais on progresse...

 

La publication des "Commentaires sur la guerre des Gaules" sera un événement, ces mémoires de César par César doivent faire le buzz dans la Rome antique. Mais un conseiller de Jules lui suggère de supprimer le passage sur son échec à mater les irréductibles gaulois d'Armorique. Hélas, une copie du passage litigieux tombe entre les mains de Doublepolémix, journaliste gaulois dès lors pourchassé par les romains et qui trouvera refuge dans le petit village que nous connaissons bien.

 

Retour aux affaires pour le tandem Ferri / Conrad après le succès (on parle de 5.000.000 d'exemplaires vendus) de Astérix chez les Pictes en 2013. On peut s'attendre à un succès similaire pour ce second opus de la reprise, d'autant que, s'il reste encore loin des meilleures productions de Goscinny, ce nouvel album vaut le détour.

 

Produire un nouvel Astérix c'est courir le risque de voir se déchainer les exégètes en cas de non-respect des codes de la série. Pas de danger ici, cornaqués par un Uderzo qui continue de veiller sur son bébé, Ferri et Conrad sont restés sur la voie tracée par le maître, allant jusqu'à alterner album "à domicile" et découverte de contrées étrangères par le dynamique duo. Après les Pictes (et la déplorable scène du monstre du Loch Ness), les deux gaulois ne voyageront donc ici que jusqu'à la forêt des Carnutes ou seule une malheureuse licorne fera une apparition (inutile certes, mais on admettra une licorne dans le refuge des druides …). Pour le reste du scénario, on reste au niveau d'un honnête album de la série originale, sans génie mais sans faiblesse non plus.

Les jeux de mots et autres astuces étant l'ADN de la collection, Ferri n'a pas dérogé à la règle et en a parsemé ses pages sans excès, évitant intelligemment la tentation du jeu de mot pour le jeu de mot. Pour le reste, il semble apprécier de glisser dans l'histoire des rappels des albums précédents : ainsi d'une Bonemine renvoyée en queue de file, des romains déguisés en buisson ou de l'escorte de Promoplus qui rappellera celle de Cléopâtre. Au final et malgré ces réserves, l'histoire tient la route de bout en bout et on prendra plaisir à sa lecture.

 

Côté dessin, la moindre remarque reviendrait à critiquer le dessin d'Uderzo tant le mimétisme est grand, il faut dire qu'après avoir dû reprendre la série en 6 mois pour le tome précédent, Conrad a eu ici 2 ans pour se faire la main.

 

En bref : le papyrus est un album très correct, qui fait le boulot demandé. La hausse de qualité entre le précédent et celui-ci laissant augurer d'un avenir prometteur pour la série.

 

Le Papyrus de César par Conrad et Ferri chez Albert-René Editions

 

Denis MARC