Angoulème: une grand-messe de la bd à laquelle tout le monde ne participe pas!

Festival d'Angoulème
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Festival d'Angoulème - © Festival d'Angoulème

Le temps de quelques jours, Angoulème redevient la capitale du neuvième art et attire à la fois les amoureux de la bande dessinée et les auteurs qui la font vivre. Mais d’année en année, certains décident de ne pas -ou plus- y aller ! Comme le scénariste belge Jean Dufaux, interviewé dans cette chronique.

Jean Dufaux est, sans aucun doute, un des grands scénaristes de la bande dessinée contemporaine, un raconteur d’histoires particulièrement éclectique et prolifique. Et s’il a décidé, sur les réseaux sociaux, de parler de son refus d’aller à Angoulème, ce n’est certainement pas pour dénigrer le travail d’un festival, mais pour affirmer, plus simplement, plus fondamentalement, que la bande dessinée est affaire de dessin, bien entendu, mais aussi de mots !

Auteur à part entière de séries cultes, comme " Murena " ou " La Complainte des Landes Perdues ", Jean Dufaux, grand raconteur d’histoires, sait ce qu’une narration dessinée doit à la narration écrite, au scénario. Et il a rencontré dans d’autres festivals que celui d’Angoulème un accueil plus complet, plus ouvert à tous les acteurs du neuvième art !

Un festival comme Angoulème se doit d’exister. Peut-être devrait-il revoir sa copie quant à l’attribution de ses (grands) prix, certes. Mais il est important que ce festival résiste au temps qui passe, comme tous les festivals, comme les libraires passionnés qui ne se contentent pas d’être des marchands de livres. Oui, il est important qu’Angoulème continue ou recommence à mettre en évidence des auteurs essentiels du neuvième art, dans tous les domaines de la création bd!

La bande dessinée est un art… Elle est aussi un regard, immédiat, sur notre monde… Et elle a tout à gagner à être acceptée dans tout son éclectisme par ceux qui se veulent ses représentants intellectuels et analystes !

La bande dessinée est un plaisir… Il faut qu’elle soit reconnue comme telle, même à Angoulème ! Et que ce festival soit une grand-messe, sans que s’y agglutinent essentiellement des marchands du temple !

 

Jacques Schraûwen