Andy (Warhol), un conte de faits

Andy
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Andy - © Casterman - 2018

La vie et l’époque du roi du Pop Art dans un pavé de 560 pages.

Dix parties et trente chapitres, c’est ce qu’il faut à Typex pour raconter la vie et l’époque de celui qui révolutionna l’art moderne, fut l’icône du Pop Art, réalisa des films improbables et produisit des groupes de rock alternatifs.

De l’enfance pauvre du petit Andrew Warhola à l’icône qu’il devint, l’auteur retrace non seulement le parcours du bonhomme, mais aussi celui de son atelier -la " Factory "- et de la population bigarrée qui y évoluait.  S’il a laissé une empreinte indélébile dans les mémoires avec sa boite de soupe Campbell et ses portraits de Marylin ou de Mao, il faut également se souvenir de Warhol comme d’un réalisateur de films -très- expérimentaux, sans scénario, sans direction d’acteur, sans matériel ou presque.  Ainsi de son Sleep ou il filme durant 5 heures et 21 minutes (!) le sommeil de son amant de l’époque John Giorno ou encore de Blow Job, bien plus court (35 minutes) ou il filme en plan séquence une fellation - supposée car non montrée- administrée à l’acteur DeVeren Bookwalter.  Mais Warhol, c’est aussi la musique avec le Velvet Underground qui influença, malgré une durée de vie très courte, la musique des décennies suivantes. 

Typex lève le voile sur l’artiste, mais aussi sur son quotidien, fait de drogue, de sexe, d’alcool et de tout ce qui pouvait se faire d’illégal à l’époque dans son studio.  On croise au fil du temps les artistes marquants de l’époque, de Dylan à un Bowie débutant en passant par Dali et tout ce qui comptait comme actrice et mannequin de l’époque, tout ça donnant le sentiment d’un grand happening permanent au 231 East 47th Street - Manhattan, adresse de la première " Factory " (il y en eu trois).
Évitant l’hagiographie béate, il décrit aussi un Warhol vaguement bisexuel, drogué, misanthrope, égocentrique, radin avec ses collaborateurs et -au final -très seul.

Typex raconte tout ça avec force détails et ajoute un époustouflant tour de force graphique à l’ensemble : comme un hommage à l’artiste touche à tout, il dessine chacune des 10 parties de l’album dans un style différent.  Passant d’un dessin réaliste à des planches aux accents psychédéliques, il réalise un album absolument incroyable.  Présenté lui-même comme un produit de grande consommation, le livre utilise les codes de la pub jusque dans sa couverture en rappelant son imbattable rapport qualité/prix.

 

Bref : un bouquin indispensable pour comprendre un artiste et une époque.  Et peut-être déjà une idée de cadeau pour Noël…

 

TITRE : Andy, un conte de fait

AUTEUR : Typex

EDITEUR : Casterman

GENRE : " Quand on y songe, les grands magasins sont un peu comme des musées. "  A. Warhol

 

Denis MARC