Amazing Grace et Luminary ou « La bal (l) ade du mutant »

Amazing Grace et Luminary
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Amazing Grace et Luminary - © Glénat - 2019

Coïncidence, les mutants sont à la mode en BD chez Glénat en ce moment.

On commence avec Amazing Grace qui nous raconte l’histoire d’un duo père-fille dans une Amérique ravagée par une apocalypse nucléaire. John et Grace errent sur les routes cherchant nourriture et travail. Mais Grace n’est pas tout à fait comme les autres petites filles, son corps est couvert d’un duvet sombre et elle est munie de griffes et de crocs acérés. Entre peur et rejet de la différence leur voyage ne sera pas de tout repos.

Tome inaugural de la collection Grindhouse – du nom d’un genre particulier de films de série B diffusés historiquement par deux pour le prix d’un seul billet — Amazing Grace ne joue pourtant pas la carte du gore ni même du thriller. Tout au contraire sous la plume de Ducoudray, le personnage du père tente de canaliser les pulsions de sa fille au moyen d’un mantra (On ne tue que pour manger) afin de vivre une vie la plus normale possible au milieu d’un chaos postapocalyptique. L’ensemble est emballé dans un look très comic-books par Bruno Bessadi. Le tome s’achève – après une trop courte pause pour le duo — sur la continuation de leur voyage.

 

TITRE : Amazing Grace

AUTEURS : Bessadi (D) et Ducoudray (S)

EDITEUR : Glénat – Coll. Grindhouse

 

Cotation Mon Petit Neuvième : 3/5

 

Autre ambiance pour autres mutants, Luminary réalise une sorte de mix entre les X-Men et Heroes.

1977, sud des Etats-Unis. Dans la ménagerie d’un cirque, Billy, jeune employé noir, assiste une tigresse mettant bas. Tout le monde est ébahi par le don du gamin qui lui permet de maîtriser la bête. A l’autre bout du pays, une gigantesque explosion de lumière survient au cœur de la ville, alors que tout a été anéanti, on trouve un homme, indemne, au milieu des décombres. Il s’agit de Darby, un jeune bossu admis à la clinique d’où provient l’épicentre de l’explosion, il a non seulement survécu, mais il est devenu lumineux…

 

Largement inspiré de Photonik, un personnage créé par Ciro Tota dans les années 80, Luminary joue la carte super-héros. Scénarisé par le talentueux Brunschwig, l’album met en scène des personnages complexes, de ses sans-grade plus ou moins broyés par la vie qui trouvent par leur don un sens nouveau à leur existence. C’est plus dense, plus profond que le thème rebattu des supers ne pourrait le laisser croire de prime abord, car le scénariste utilise le contexte politique de l’époque fait de racisme et d’émancipation noire pour situer ses héros dans la société.

Les dessins sont de Stéphane Perger à qui on devait déjà de très beaux albums dans les collections Dark Museum ou Complot. Il livre ici de belles planches dynamiques et expressives.

 

TITRE : Luminary

AUTEURS : Perger (D) et Brunschwig (S)

EDITEUR : Glénat

 

Cotation Mon Petit Neuvième : 4/5

 

Moralité :

Qu’il soit vert ou bleu depuis sa naissance,
Il a les yeux rouges, il est plein d’excroissances,
Qu’il soit asthmatique, goitreux ou rampant.
Malheur à celui qui blesse un mutant.

 

Denis MARC