Libre maintenant, le huis clos photographique de Pierre Liebaert

Libre maintenant
2 images
Libre maintenant - © Pierre Liebaert

Pierre Liebaert, lauréat du Prix du Hainaut des Arts plastiques  2017, présente les photos d’un curieux huis clos. Les modèles ont répondu à une annonce diffusée par le photographe et sont venus poser dans l’intimité d’une chambre close. Des hommes uniquement ont manifesté le désir de se montrer nus devant le jeune homme de vingt-cinq ans qui les photographie masqués. L’un après l’autre, ils ont vécu un moment qui échappe à leur vie publique ou familiale. La vidéo capte des tentatives de séduction ou des tentations d’auto-érotisme, mais les photos ne convient ni l’exhibitionnisme du modèle ni le voyeurisme du regardeur.

plus d'infos sur le site du photographe

Le photographe répond à un besoin de consolation. Derrière l’objectif, l’œil regarde, distant et proche, des corps vieillissants. Les poses traduisent le sentiment d'être libre, non pas envers et contre tout, mais uniquement envers soi-même. Le portrait emblématique d'un géant nu, vu de dos, qui accuse un déhanché charrie des images du passé.  Les références affluent à la mémoire : Le Boeuf écorché de Rembrandt ou L'Esclave mourant de Michel-Ange. Esclave d’une relation de soumission par le regard, mais de soumission consentie. Xavier Canonne, le directeur du Musée de la Photo à Charleroi, parle de soumission désirée. C'est le cas ! Rodin serait-il convié également avec une ombre qui figure Adam au sommet de La Porte de l'Enfer ? Etonnamment, me revient à la mémoire un portrait du sculpteur pris par la photographe américaine Gertrude Käsebier. Auguste Rodin, vieux, s'appuie sur la grande sculpture d'Adam. Il semble rechercher lui aussi, lui le créateur face à son modèle, la consolation d'être.

Libre maintenant, à voir au BAM à Mons jusqu’au 13 janvier et au Musée de la Photo à Charleroi jusqu’au 20 janvier.

Libre maintenant, vidéo

En pratique

Libre maintenant, à voir au BAM à Mons jusqu’au 13 janvier et au Musée de la Photo à Charleroi jusqu’au 20 janvier.