Léonie Stolberg, photographe et activiste "body positive": le nu pour décomplexer et s'assumer

Léonie Stolberg
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Léonie Stolberg - © Tous droits réservés

Léonie Stolberg est une jeune photographe talentueuse de 21 ans installée à Bruxelles. A travers ses photos, elle prône des messages d’amour de soi et de tolérance.

C’est l’histoire d’une adolescente pas comme les autres qui a réussi à sortir de sa coquille et à trouver sa voie grâce à la photographie. Aujourd’hui épanouie en tant qu’artiste, Léonie Stolberg souhaite, par son travail, inciter les autres à s’accepter tels qu’ils sont. "Ma scolarité a été un enfer. J’étais une enfant ronde et je portais des lunettes, c’était suffisant pour que les autres à l’école m’insultent et me crachent dessus quotidiennement. Ils étaient méchants car j’étais différente."

Depuis toujours, Léonie Stolberg a une sensibilité pour l’art et les matières artistiques, en secondaires elle décide de s’inscrire à L’Institut International de Saint-Luc de Tournai pour y suivre un cursus en arts visuels/photographie. Elle termine sa rhéto en obtenant la plus haute mention en Art, ce qui la conforte dans l’idée que ce domaine est fait pour elle. Durant son cursus à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, la jeune femme est exposée à plusieurs reprises : "Notamment au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Le peintre Gérard Garouste exposait dans une salle non loin de là où étaient mes photos, j’étais très impressionnée, je me suis sentie toute petite !" se souvient la photographe.

Ses armes photographiques, Léonie Stolberg continue à les faire en intégrant une grande galerie des Marolles. "J’y ai appris à tout gérer de A à Z. C’est la direction artistique qui m’a le plus plu. J’exposais des artistes, je gérais l’événementiel, je m’occupais du feed des réseaux sociaux, de la communication." Forte de ces différentes expériences, Léonie Stolberg travaille à présent comme photographe et a trouvé son thème de prédilection : le nu.

La nudité c’est le vêtement de la subjectivité : il témoigne de l’histoire de chacun et il ne ment pas.

La première série de nu de la photographe Léonie Stolberg remonte à son adolescence : "J’ai commencé à 14 ans une collection photographique de pubis sans vraiment réfléchir à la problématique qu’il y a dernière. J’ai constaté que les pubis étaient tous différents et cette différence m’a interpellée. J’ai toujours aimé les corps et travailler avec la nudité. Pour moi, la nudité, c’est le vêtement de la subjectivité : il témoigne de l’histoire de chacun et ne ment pas." C’est sur Tinder que la jeune photographe a trouvé ses premiers modèles. Aujourd’hui, elle utilise les réseaux et fait du repérage en rue.

Sur son compte Instagram, la jeune femme se définit comme militante du mouvement "body positive": "C’est un mot qu’on aime beaucoup depuis quelques années. C’est une forme de militantisme féministe contre les diktats et les canons de beauté imposés. Par contre, je veille à inclure les hommes dans mes projets photos "body positive" car ils subissent aussi des diktats et de la souffrance." Léonie Stolberg souhaite que son travail puisse accompagner un maximum de monde dans cette libération du corps. 

Un travail au naturel et sans retouches

Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas de retouches sur les photos de Léonie Stolberg. La photographe met un point d’honneur à mettre en avant la diversité des corps et à les montrer tels qu’ils sont. "Il faut être cohérent, c’est aussi cela être "body positive". Je trouve hypocrite de modifier les corps alors que le but est de prôner la vérité" confie Léonie Stolberg. La photographe reconnaît cependant que ce n’est pas toujours facile pour les modèles de se voir au naturel. "Plusieurs fois il m’a été demandé de 'lisser' la peau ou de faire en sorte que des formes 'soient plus belles' aux yeux de mes commanditaires. J’ai trouvé ça horrible. Heureusement des modèles comme Barbara Butch (DJ, modèle grande taille et "Fat Activist") défendent la vérité du corps. Elle s’est d’ailleurs battue avec un journal qui avait modifié ses formes dans une publication. C’est grâce à ce genre de modèles et de photos que les mentalités vont évoluer."

Notre corps, c’est notre véhicule pour la vie. Il nous permet de sentir, de ressentir, d’aimer. Il faut donc l’accepter, l’assumer et en être maître.

La censure des réseaux sociaux

Pour les artistes engagés dans le mouvement "body positive", la censure de Facebook et Instagram est une lutte permanente. "J’en suis à mon 6e compte Instagram et je suis 'shadowban' par le réseau. Cela veut dire que mon compte est caché et qu’on ne peut pas le trouver du premier coup en faisant une recherche sur Instagram. Sur Facebook, j’en suis à ma 3e page et mon 5e compte. En mettant bout à bout les bans que Facebook m’a imposés, je totalise un an de bannissement ! C’est une vraie chasse totalement injustifiée !"

On ne compte plus le nombre d’artistes qui se plaignent d’être victimes de cette censure pour cause d’avoir dévoilé trop de peau ou laissé apparaître un téton féminin sur une photo ou dans une vidéo. La censure est d’autant plus dure à accepter lorsqu’il s’agit d’une photo qui prône l’acceptation de soi et la diversité des corps. On peut carrément parler d’hypocrisie des réseaux sociaux lorsque ceux-ci ne censurent pas des photos similaires réalisées par des modèles plus minces et aux allures "parfaites". "C’est compliqué et fatiguant d’avoir à faire face à un système si hypocrite. Je respecte pourtant la politique de ces réseaux, je ne montre que des "morceaux" de peau ! La dernière fois que j’ai été censurée, c’était à cause d’une photo où le modèle était de dos et en culotte" explique la photographe.

Léonie Stolberg ne baisse cependant pas les bras et continue à partager son travail, malgré les sanctions et restrictions des réseaux. Heureusement, elle peut aussi compter sur le soutien de galeries pour exposer son travail. "J’ai réalisé une série de photographies sur le thème de la censure qui va être exposée au Musée de l’Erotisme au Sablon à Bruxelles. Dans ces photographies, je remplace par exemple un pénis par un cactus."

Une photographe touchée de plein fouet par la crise sanitaire

Ce n’est un secret pour personne, le secteur de la culture est touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Léonie Stolberg fait partie des artistes durement impactés par la crise sanitaire. "C’est très dur pour moi de vivre de mon travail artistique en ce moment puisque toutes les expositions et les événements culturels sont annulés ou supprimés depuis des mois. La seule chose qu’il me reste pour faire découvrir mon travail, ce sont les réseaux sociaux… Et ceux-ci me censurent. Je continue les shootings en respectant les mesures sanitaires, car ne pas produire est impossible pour moi" nous confie la photographe.

Depuis le confinement d’avril, je suis en sous-alimentation, j’ai perdu 18 kg.

Malgré ses difficultés, la jeune artiste a décidé de créer un projet pour venir en aide aux nombreux artistes qui souffrent de la crise de Covid-19. Elle a lancé le projet @sens.culture sur Instagram. "La culture se meurt alors autant en semer ! Avec @sens.culture j’aimerais proposer une galerie et un espace pop-up pour faire vivre l’art et la culture. En période de Covid il est encore plus urgent d’ouvrir de tels espaces, qui répondent aux attentes et espoirs des artistes et de ceux qui aiment l’art et la culture." Léonie Stolberg aimerait en effet investir avec de l’art des vitrines endormies par la fermeture due au Covid. Si vous avez un tel espace que vous pouvez rendre disponible pour y exposer des artistes, n’hésitez pas à contacter la photographe.

Pour suivre le travail de la talentueuse photographe, rendez-vous sur son site internet, son compte Instagram ou sa page Facebook.

La photographe répond également à vos demandes de shooting pour des books comédiens et mannequins, des évènements, des mariages, des photos de femmes enceintes et de nouveau-nés, des publicités, des collections de vêtements, des photos culinaires, des concerts, des portraits en studio ou en extérieur, des photos de famille, des photos de charme, d’art, de nu. Si vous avez une idée, un projet, contactez-la pour en discuter et connaître ses tarifs.