Le Musée de la photographie expose le roman-photo

Piero Orsola, diapositive pour un roman-photo, Rome, années 1960. Ektachrome 120. Collection particulière
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Piero Orsola, diapositive pour un roman-photo, Rome, années 1960. Ektachrome 120. Collection particulière - © Piero Orsola. Cliché : Josselin Rocher

Le roman-photo est un genre littéraire, injustement méprisé. Le magazine "Nous deux" vient tout de suite à l’esprit. Or, l’analyse du roman-photo révèle une époque, les trente glorieuses. Les histoires à l’eau de rose prisées par un lectorat majoritairement féminin offrent une lecture au second degré de la société de consommation et de l’évolution des mœurs. La femme dont le bonheur réside encore dans le couple connaît un début d’émancipation dans la vie sociale et professionnelle.

Le roman-photo sentimental est né en 1947 en Italie, dans un pays vaincu. Il connaît rapidement un succès et une diffusion de masse dans le bassin méditerranéen. Il poursuit son expansion dans les années 1960 et 1970. L’exposition révèle le processus de fabrication d’un roman-photo, illustré par des documents sortis du fonds du groupe de presse Mondadori : maquettes, photos, négatifs. Le parcours est balisé par quelques belles productions portées par des réalisateurs proches du néo-réalisme italien. Elles s’imposent par les poses des comédiens et des comédiennes, les cadrages et les lumières cinématographiques. En 1962, Chris Marker, réalise le film "La jetée" sous-titré photo -roman, renversant le rapport texte-image. La photo prime ensuite dans certains projets qui s’inspirent de la forme du roman-photo pour créer autre chose qu’une forme populaire.

L’exposition met également en lumière les variations et les détournements du roman-photo. Bête et méchant, le magazine Hara Kiri met en scène le professeur Choron et l’avatar Satanik rivalise avec la veine érotique.

L’exposition imaginée par deux chercheuses, Frédérique Deschamps et Marie-Charlotte Calafat, a été créée au Mucem à Marseille. Elle est présentée à Charleroi avec quelques ajouts belges dont L’idée (1974) de Jacques Charlier et Droit de regards (1985) de Marie-Françoise Plissart et Benoît Peeters.

L'interview de Marie-Charlotte Calafat

La séquence Grand Angle