La biennale de la photographie africaine fête ses 25 ans à Bamako

Les Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie qui fête en 2019 ses 25 ans, se sont ouvertes samedi 30 novembre à Bamako.
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Les Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie qui fête en 2019 ses 25 ans, se sont ouvertes samedi 30 novembre à Bamako. - © MICHELE CATTANI - AFP

Les Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie, qui fête en 2019 ses 25 ans, se sont ouvertes samedi 30 novembre à Bamako en présence du président malien qui a présenté la photographie comme une "lumière" contre des "temps obscurs". "La photo, c’est la lumière et nous devons avec beaucoup de détermination nous ancrer dans ce temps", alors que "certains pourraient nous faire croire que c’est le contraire, que c’est le temps de l’obscur que nous vivons. Non, non et non !", a déclaré le président malien lors de la cérémonie d’ouverture.

Le Mali traverse une profonde crise depuis presque dix ans : d’abord confronté à des rebellions indépendantistes dans le Nord, il fait face désormais à des groupes jihadistes qui essaiment dans le nord et le centre du pays. Une large partie du Mali vit au rythme des attaques et de la violence. Bamako, touchée plusieurs fois par des attentats, reste néanmoins un havre encore stable et une capitale très portée sur les arts, dont la photographie. Depuis 1994, tous les deux ans, les Rencontres de Bamako, le rendez-vous photographique le plus important du continent africain, y sont organisées.

La première édition organisée exclusivement par des Africains

Seule l’édition de 2013 avait été annulée, en raison de la crise. "Dans cette entreprise de reconquête et de reconstruction de l’image de l’Afrique, je ne connais aucune œuvre plus puissante et plus redoutable que la photographie", a insisté à la tribune la ministre de la Culture N’Diaye Ramatoulaye Diallo. "Alors que le Sahel est en trouble, nous nous devons de faire cette biennale. Pour aller au-delà de certains clichés, [il faut amener] la créativité, la joie, du bonheur dans la profondeur", a dit Igo Diarra, directeur des Rencontres.

Pour la première fois, la biennale est organisée seulement par des Africains, les éditions précédentes ayant été coorganisées avec l’Institut français du Mali, désormais partenaire. Outre l’exposition d’œuvres, la manifestation entend donner une "visibilité" à des jeunes artistes africains, selon la ministre de la Culture. "J’espère que cela va m’ouvrir des portes", indique Amadou Diadié Samassekou, photographe malien de 35 ans qui expose pour la première fois dans la sélection IN des Rencontres. Environ 85 artistes africains et de la diaspora vont exposer cette année dans divers lieux de la capitale malienne. La biennale s’achèvera le 31 janvier.