Qui étaient les Sarmates, ce peuple au centre du nouvel album des aventures d’Astérix ?

Dans leur dernière aventure, tout juste sortie en libraire, Astérix et Obélix, les plus célèbres des Gaulois, rencontrent un peuple singulier et méconnu chez nous, les Sarmates. Partons à la découverte de cette peuplade des contrées froides de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale, où les femmes avaient une place prépondérante.

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Les Sarmates, parfois appelés Saraumates, ont vécu entre le Don et l’Oural, sur un vaste territoire qui recouvre actuellement une partie de l’Ukraine, de la Russie ou encore du Kazakhstan. On sait qu’il s’agit d’une culture ancienne, puisque déjà quatre siècles av. J.-C., l’historien grec Hérodote les mentionne dans ses écrits. Mais plus loin encore, les Sarmates auraient forgé (avec les femmes scythes) le mythe des Amazones, ces femmes guerrières de la mythologie grecque, qui apparaissent déjà dans l’Iliade et l’Odyssée.

Il faut dire que d’après ce que l’on sait, la différence entre hommes et femmes dans la société sarmate semble moins prononcée que dans beaucoup d’autres endroits. On savait déjà, toujours grâce à Herodote, que les hommes Sarmates emmenaient leurs femmes à la chasse et à la guerre. Mais les découvertes archéologiques modernes ont mis en avant une tout autre hypothèse : les femmes sarmates pratiquaient probablement elles-mêmes la chasse et le combat. On a en effet retrouvé des armes et des tenues de combat dans leurs tombes

Une société égalitaire ? Difficile à dire pour un peuple si ancien. Ou plutôt des peuples. Car les Sarmates en regroupent en réalité plusieurs, qu’on aimait jadis à appeler "barbares". Ainsi, les Roxolans, les Alains ou les Yaziges sont tous assimilés comme étant des Sarmates, eux-mêmes considérés comme faisant partie ou étant proches de la culture Scythe. C’est un peu dur à suivre, on vous l’accorde.

Ce qui unit ces différents groupes, c’est la langue et la culture. Tous parlent des langues iraniennes plus ou moins semblables, et dont l’iranien actuel, mais aussi le kurde, sont proches. Nomades habitant les steppes, les Sarmates ont une relation privilégiée avec le cheval. Non seulement il leur sert de monture, mais aussi de nourriture ! La culture sarmate a laissé de belles traces archéologiques, dont certains objets luxueux montrent le raffinement de ces soi-disant "barbares". D’un point de vue militaire, les tenues de combat sarmates sont très reconnaissables, car constituées de dizaines de petites plaques. À la bataille, hommes et femmes utilisent bien entendu des chevaux. On dit que les Sarmates auraient inventé la cavalerie lourde, copiée par toutes les armées par après.

Au fil du temps, les Sarmates arrivent aux portes de l’Empire romain. Peuple réputé pour sa ténacité, ses guerriers/guerrières ont donné du fil à retordre à plusieurs empereurs. D’abord à Trajan, lors des guerres daciques, qui les fera représenter sur sa célèbre colonne en bas-relief. Ensuite à Marc-Aurèle lors des guerres marcomanes, qui finira tout de même par les vaincre (on est près de 200 ans après Astérix).

Malgré l’opposition aux Romains, certains groupements vont s’assimiler à l’Empire. Voilà donc des Sarmates combattant dans l’armée romaine. Ils et elles y apporteront leurs techniques et leur équipement. Et lorsque l’Empire chute, le peuple finit par se soumettre aux Goths, puis ensuite aux Huns, bien plus tard.

Les Sarmates restent un peuple méconnu et mystérieux. Les auteurs de l’album d’Astérix revendiquent d’ailleurs cette part d’inconnus en les replaçant dans un contexte teinté de fantastique. Signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, Astérix et le Griffon est disponible dans toutes les librairies.

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Astérix et le Griffon © Les Éditions Albert René

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