Notre Dame de Paris : "On n'avait pas besoin de ça", se désole le secteur du tourisme parisien

"On n'avait pas besoin de ça", se désole le secteur du tourisme parisien
"On n'avait pas besoin de ça", se désole le secteur du tourisme parisien - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

"On n'avait pas besoin de ça": après la crise des "gilets jaunes" qui a fait chuter la fréquentation touristique en fin d'année dans la capitale française, les professionnels se désolent de voir un monument aussi emblématique que la cathédrale Notre-Dame de Paris dévasté par les flammes.

"C'est un traumatisme. Combien de temps va-t-il falloir pour remettre sur pied un monument historique comme Notre-Dame ?", s'interrogeait lundi soir Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme. "C'est un monument tellement emblématique de ce qu'est Paris et la France, dans son rayonnement..."

Visité par 12 à 14 millions de personnes par an, soit une moyenne de plus de 30.000 par jour, ce chef-d'oeuvre de l'architecture gothique situé sur l'île de la Cité, au cœur du Paris médiéval, est une étape incontournable pour les touristes qui séjournent dans la capitale.

"Pour l'image de Paris, après l'Arc de Triomphe saccagé par des casseurs pendant les manifestations des 'gilets jaunes', ce n'est pas une bonne nouvelle... cela ne donne pas une image d'un pays qui maîtrise : comment peut-on, en 2019, avoir un monument qui brûle aussi facilement ?", se désolait M. Arino auprès de l'AFP.

Les scènes de saccage sur les Champs-Elysées ont effrayé les clientèles étrangères et françaises, avec une perte de chiffre d'affaires supérieure à 250 millions d'euros dans l'hôtellerie-restauration à Paris et en Ile-de-France, selon le groupement patronal des indépendants du secteur, le GNI.

"On n'avait pas besoin de ça. Cela aura forcément une incidence sur l'hébergement hôtelier parce que c'est l'un des sites touristiques les plus visités en France", a estimé de son côté Jean-Virgile Crance, président du groupement national des chaînes hôtelières (Mercure, Ibis, Sofitel, Balladins, Kyriad, etc.).

En décembre dernier, le nombre des nuitées dans les hôtels a chuté de 5,3% à Paris, théâtre de violences récurrentes lors des manifestations qui ont débuté mi-novembre, en particulier sur les Champs-Elysées, vitrine de la France à l'étranger.