Les travaux ont débuté pour 3 ans au Mont-Saint-Michel, attaqué par les embruns

L’abbaye du Mont-Saint-Michel, attaquée par la pluie, le sable et le vent, s’est drapée sur ses façades nord et ouest d’un immense échafaudage surplombant la baie et ses reflets, pour de spectaculaires travaux de restauration sur trois ans, estimés à sept millions d’euros.

L'essentiel des travaux ont lieu au nord, côté mer, sur un échafaudage qui va se déplacer au fil du temps.

Il s'agit avant tout de "nettoyer les façades très encrassées par les lichens, les mousses, les algues qui attaquent la pierre" et de "remplacer des blocs de pierre qui sont en mauvaise état et pourraient chuter", précise M. Jeanneau, architecte en chef.

Il était donc "urgent d'intervenir", les derniers travaux de restauration datant d'entre 1862 et 1885.

Pour ces nouveaux travaux, il a fallu déjà 600 allers-retours en hélicoptère entre la côte et le Mont pour acheminer 90 tonnes d'échafaudage.

Ces travaux "sont exceptionnels par leur gigantisme. On est sur un rocher. Sur ce rocher a été construite une abbaye et contre cette abbaye, on a un échafaudage de la hauteur de l'Arc de Triomphe", souligne Thomas Velter, administrateur du monument.

Au total près de 100 m3 de pierres seront remplacés et 8500 m2 de façade nettoyés.

Depuis deux semaines, les maçons-tailleurs de pierre ont en toute discrétion commencé à redonner au granit sa couleur sable d’origine.

"On passe l’Algimousse, un produit à la fois curatif et préventif. On laisse agir normalement 12h et après on amène de l’eau avec les brosses et on arrive à décaper. Après on rejointe", explique Philippe Besnard, chef du chantier de nettoyage.

Les pierres les plus attaquées sont marquées d’une tache rouge avant d’être changées. "C’est au nettoyage qu’on voit si c’est vraiment sableux, s’il y a beaucoup de grain qui s’en va. Et quand on tape si ça sonne un peu creux", précise M. Besnard alors qu’une dizaine d’ouvriers s’affairent autour des hauteurs du monument. 25 pierres ont déjà été enlevées, dit-il.

"Ce n’est pas un granit très dur. Ce n’est pas un granit des profondeurs c’est un granit de surface, de décomposition, qui pour beaucoup venait des îles Chausey qui ne sont pas loin", précise François Jeanneau.

Outre le nettoyage des pierres, des travaux de charpente sont également prévus, et quelques vitraux seront restaurés.

L’abbaye sera ouverte au public pendant les travaux, dès que les mesures sanitaires liées à l’épidémie le permettront.