Le symbole français en flammes pleuré dans la presse belge et hexagonale

"Notre drame": les Unes de la presse au lendemain de l'incendie de Notre-Dame de Paris
"Notre drame": les Unes de la presse au lendemain de l'incendie de Notre-Dame de Paris - © Tous droits réservés

La presse française évoque avec une immense tristesse mardi le drame de l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris alors que la flèche de l'édifice religieux en proie aux flammes est pleurée en Une mardi dans les quotidiens de l'Hexagone. Dans la presse francophone belge, les éditorialistes sont aussi au chevet d'un monument qui s'avère être aussi "notre Drame".

Les titres français rendent hommage à "Notre-Dame des Larmes" dans Le Parisien et à "Notre-Dame de la tristesse" pour Le Figaro, quant à Libération, il évoque aussi "Notre Drame". Les Echos parlent de "la tragédie de Paris" et le quotidien catholique La Croix affirme avoir "le coeur en cendres".

Dans ce dernier, l'éditorialiste Guillaume Goubert relève le "surprenant pays que le nôtre, profondément sécularisé, déchristianisé et qui, soudain, sentait son coeur se serrer à la vue d'une église en flammes. (...) On peut en faire le pari : Notre-Dame de Paris renaîtra de ses cendres. Tout un peuple y veillera. Tout un peuple fêtera la réouverture de ses portes."

Etienne de Montety dans Le Figaro note que "l'émotion est immense" en France, "croyants ou non, amateurs d'art ou non, ce fut le même mouvement d'effroi : quelque chose de la beauté, de la grandeur, de l'âme de la France s'en allait en fumée, et cette nouvelle était d'une tristesse infinie".

La Cathédrale Notre-Dame de Paris, "ce n'est pas seulement un édifice religieux mais l'un des ciments, même inconscient, de la Nation française", souligne Laurent Bodin dans L'Alsace déplorant que "c'est un grand pan de l'histoire des Français qui, ce lundi soir, est parti en fumée."

"Quand la flèche s'est écroulée sur elle-même, peu avant 20 h, c'est le cœur du pays tout entier qui s'est douloureusement serré. Nul besoin d'être catholique ou même chrétien pour éprouver pleinement cette sensation de perte immense", poursuit aussi Pascal Coquis dans les Dernières Nouvelles d'Alsace.

C'est en effet "tout un peuple qui pleure aujourd'hui ce symbole de la France", assure encore Yann Marec dans Midi Libre. "Comme si la foi devait laisser sa place à la force du patrimoine. C'est bien la preuve que nos valeurs communes savent se rassembler. Un espoir."

Le feu dans l'édifice religieux a incité le président français Emmanuel Macron à annuler son allocution prévue lundi soir au terme du grand débat issu de la crise des "gilets jaunes". L'éditorialiste lorrain Michel Klekowicki relève comme nombre de ses confrères que "les flammes de Notre-Dame ont réduit au silence un Président censé éteindre l'incendie social qui couvait dans son pays", dans le Républicain Lorrain résumant la tonalité générale.

François Vercelletto, dans Ouest-France, évoque aussi "une émotion planétaire à la hauteur du drame" et en effet les quotidiens belges francophones sont aussi au chevet du monument français mardi.

"Notre drame de Paris", compatissent en Une les titres Sudpresse et La Dernière Heure.

"Des flammes et des larmes" en Une du Soir aussi, alors que "soudain, nous sommes à notre tour pliés en deux", évoque l'éditorialiste Béatrice Delvaux. "Comme si cette cathédrale qui avait fait l'Histoire, était aussi notre Dame". "On ne peut s'empêcher de voir dans cet effondrement, une métaphore de tant de pouvoirs lézardés et incendiés, d'un monde fragilisé où ces murs épais et séculaires sont devenus autant de sanctuaires qui nous donnaient l'assise pour reprendre du souffle".

"Paris n'est plus Paris", constate avec émoi La Libre Belgique, alors que "c'est une partie du patrimoine de l'Humanité qui est partie en flammes ce soir. Et une partie de l'âme de la Ville Lumière", commente l'éditorialiste Françis Van de Woestyne.

"La perte est inestimable", titrent aussi les éditions de L'Avenir. "Il y a des monuments devant lesquels le temps s'arrête et les présidents s'inclinent", reconnait Philippe Martin. Il rappelle la valeur des monuments anciens "qui nous livrent, chaque fois, des explications sur l'univers des hommes qui nous ont précédés, sur ce que nous sommes et d'où nous venons".

"Dans notre siècle agité et virtualisé, si l'incendie de Notre-Dame de Paris cause une telle émotion, c'est peut-être parce que les artisans du XIIe siècle ont su nous toucher et nous transmettre un message qui s'adresse à ce qu'il y a d'universel, d'inaliénable et de supérieur en chacun de nous. Notre âme ?", conclut-il.