Le "cerveau de Vésale", lien entre passé et avenir de la médecine, au musée BELvue

Les musées sont ouverts ! Pour vous faire découvrir leur patrimoine, on vous raconte l’histoire de ces chefs-d’œuvre de nos collections muséales pourtant méconnus

Le musée BELvue, voisin du palais royal de Bruxelles, regorge d’objets ayant fait l’Histoire de la Belgique. Présenté dans une impressionnante "ligne du temps", chacun a marqué notre pays d’une façon ou d’une autre. Du saxophone d’Adolphe Saxe aux cristaux du Val Saint-Lambert en passant par des lithographies de Magritte, la galerie ne manque pas trésors à découvrir. Parmi ceux-ci, se trouve un objet insolite : un cerveau imprimé en 3D, inspiré par les travaux de Vésale.

André Vésale, pionnier de la médecine

Né à Bruxelles en 1514, André Wytinck de Wesel alias Andreas Vesalius, est baigné dès son enfance dans une ambiance assez… morbide. Il habite à quelques pas du Mont des potences, le lieu où sont pendus les condamnés, à l’emplacement actuel du Palais de Justice. La légende dit qu’il avait donc tout loisir d’observer l’anatomie des corps, et d’en ramener chez lui

Il deviendra professeur de médecine. En pleine Renaissance, ses pratiques d’observation directe du corps humain grâce à la dissection sont révolutionnaires. Alors que les connaissances étaient jusque-là basées sur les travaux antiques de Galien (qui tirait ses observations des corps d’animaux), considérés comme incontestables, Vésale bouscule l’anatomique comme jamais auparavant en réfutant tout ce que l’on pensait savoir. En 1543, il publie De humani corporis fabrica libri septem ("La Structure Du Corps Humain"), véritable bible de l’anatomie, qu’il dédie au souverain de l’époque, Charles Quint.

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Rare édition du livre de Vésale © Daniel Berehulak - Getty Images

Si l’ouvrage est exceptionnel, c’est notamment grâce à ses nombreuses gravures qui illustrent pour la première fois des parties méconnues du corps humain, et particulièrement le cerveau, jusque-là très difficile à comprendre. Il faut dire qu’observer un cerveau était plutôt compliqué, puisque l’organe est très fragile et sensible à l’environnement ambiant. Il s’altère rapidement, et c’est un véritable exploit que Vésale réalise en le décrivant si précisément lors de ses dissections.

Médecine et 3D

Le "cerveau de Vésale" est imprimé en différentes couleurs, représentant chacune une partie bien précise de l’organe. Les parties vertes et jaunes, c’est le corps calleux. C’est par la que les informations passent d’un hémisphère de notre cerveau à l’autre. La partie transparente, quant à elle, représente la matière grise qui contient notamment nos neurones. Imprimé en 2016, le "cerveau de Vésale" est l’œuvre de la société Materialise, spécialisée dans l’impression 3D, y compris l’impression de matériel médical.

Ce que l’objet a de particulier, c’est qu’il a été créé en utilisant la technologie "PolyJet" qui permet d’imprimer des objets avec plusieurs matières, et donc en plusieurs couleurs. Arrivé dans la collection du BELvue pour sa réouverture en 2016, le cerveau y est toujours visible, témoin d’un patrimoine scientifique contemporain. Plus qu’un hommage au médecin humaniste, l’objet est aussi un symbole du lien entre passé et futur. Car la technologie 3D nous permet, aujourd’hui, de sauver des vies ou simplement de rendre le quotidien de malades moins difficile, comme ce que tendaient à faire les travaux de Vésale. Les exemples d’applications médicales de l’impression 3D sont légion, particulièrement durant la pandémie de Covid-19. Du matériel, comme des visières ou des tests, a ainsi pu être produit en masse, et des modélisations du virus pour mieux le comprendre peuvent être envisagées. La 3D permettra-t-elle de contribuer à la fin de la crise sanitaire ?

Le musée est ouvert !

Le musée Belvue vous accueille tous les jours sauf le lundi, sur réservation.

Les deux expos temporaires Histoires de café et Comès, d’ombre et de Silence se visitent gratuitement.

Le BELvue vous propose également d’enrichir sa collection virtuelle en postant une photo d’un objet belge sur les réseaux sociaux, avec #BELvuemuseumathome.

Enfin, le musée a rassemblé, dans des playlists Spotify, les grands classiques de la musique belge, du jazz ou du hip-hop/rap.