La France a restitué au Bénin 26 œuvres spoliées durant la colonisation, une première historique

Elles ont été exposées à Paris durant des décennies, et viennent seulement de retrouver le chemin de leur pays d’origine. Les 26 pièces dérobées durant la conquête coloniale du Dahomey (ancien Bénin) au 19e siècle ont atterri à Cotonou cette après-midi.

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Toutes ces œuvres, véritable trésor culturel dont beaucoup sont sacrées, proviennent à l’origine du palais royal d’Abomey, la capitale historique du royaume du Dahomey, pillé par les troupes coloniales françaises entre 1893 et 1895. D’impressionnantes statues zoomorphes appelées "bochio", des trônes royaux sculptés, des portes peintes, et d’autres objets symbolisant la royauté forment cette précieuse collection, réclamée par le Bénin en 2016. La requête a d’abord été refusée par le gouvernement français, avant qu’Emmanuel Macron ne se ravise et annonce la remise prochaine de cet héritage culturel.

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Deux des trois "bochio" des rois Glélé (homme-lion) et Béhanzin (homme-poisson), chefs-d’œuvre de la collection © Musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Lois Lammerhuber

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Après avoir été une dernière fois exposés au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, les objets ont été symboliquement récupérés par le président béninois Patrice Talon, venu signer l’accord entre les deux pays à l’Elysée. À leur sortie de l’avion, après une cérémonie officielle, les œuvres seront mises en quarantaine durant deux mois, afin de leur permettre de s’acclimater à leurs nouvelles conditions de conservation. Elles seront ensuite exposées au sein de la maison du Gouverneur de Ouidah, située aux côtés du musée international de la mémoire et de l’esclavage. Leur destination finale sera le futur "musée de l’épopée des Amazones et des rois du Danhomè", actuellement en construction à Abomey. Les œuvres retrouveront donc définitivement la cité dont elles ont été arrachées il y a près de 130 ans.

C’est la première fois que la France restitue des biens à une de ses anciennes colonies. D’autres artefacts devraient prochainement être rendus au Sénégal. En Belgique aussi, la question de la restitution de biens volés au Congo, au Rwanda et au Burundi est sur la table du gouvernement. Thomas Dermine, le secrétaire d’État à la politique scientifique, en charge des collections fédérales, a récemment ouvert la porte à une future restitution des biens considérés comme mal acquis durant la période coloniale, entre 1885 et 1962. Il doit prochainement se rendre en République démocratique du Congo pour discuter de cette question avec les autorités du pays.