L'Unesco veut sauver "d'urgence" Nimrod, vandalisée par l'EI

Des parties de bustes dont les visages ont été martelés par les soldats du Groupe Etat Islamique ont été exposés au Colisée à Rome
Des parties de bustes dont les visages ont été martelés par les soldats du Groupe Etat Islamique ont été exposés au Colisée à Rome - © ANDREAS SOLARO - AFP

La cité antique irakienne de Nimrod, vandalisée par le groupe État islamique, a subi des "dommages considérables", selon une mission d'évaluation de l'Unesco, qui préconise des "mesures d'urgence" pour sauvegarder ce qui reste du site.

"Les structures construites et les reliefs sculptés ont subi des dommages considérables à la suite d'explosions et d'attaques aux bulldozers" perpétrées par les combattants djihadistes, souligne l'organisation onusienne dans un communiqué reçu jeudi.

"Des mesures d'urgence doivent permettre la protection physique immédiate du site afin d'assurer la documentation détaillée et prévenir le pillage des fragments restants", ajoute le communiqué publié à l'issue d'une visite d'experts sur place mercredi.

"C'est vital pour le peuple irakien. C'est essentiel pour la sécurité et la stabilité de la région. C'est important pour l'histoire de l'Humanité", a insisté Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, citée dans le texte.

Temples, fortifications, tombes royales: le site archéologique de Nimrod est un joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle avant J.C le long du fleuve Tigre.

Ce site classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité avait été repris par les forces irakiennes mi-novembre, deux ans après sa conquête par l'EI.

Des vidéos et des images satellite avaient montré en mars 2015 des djihadistes détruire au bulldozer, à la pioche ou à l'explosif certains monuments, dont le temple de Nabû, vieux de 2.800 ans et dédié au dieu mésopotamien de la sagesse et de l'écriture.

Des actions de réhabilitation à plus long terme du site seront présentées par l'Unesco lors d'une conférence internationale sur le patrimoine culturel dans les zones libérées d'Irak qui se tiendra au siège de l'organisation à Paris les 23 et 24 février prochain, ajoute le communiqué.

L'EI, qui considère les statues humaines ou animales comme de l'idolâtrie, a endommagé plusieurs sites antiques sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, notamment la célèbre cité antique de Palmyre.

 


Belga