George Clooney milite pour que le British Museum rende les marbres du Parthénon à la Grèce, Boris Johnson refuse

George Clooney milite pour que le British Museum rende les marbres du Parthénon à la Grèce
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George Clooney milite pour que le British Museum rende les marbres du Parthénon à la Grèce - © Tous droits réservés

L’acteur et réalisateur américain, sensible à l’héritage archéologique, a réitéré son soutien à une restitution des statues et bas-reliefs de marbre originaires d’Athènes, et conservés au célèbre musée londonien, à quelques jours des 200 ans de l’indépendance grecque. Le Premier ministre Johnson vient de doucher ses espoirs en refusant catégoriquement une quelconque restitution.

Ce n’est pas la première fois que George Clooney s’immisce dans le débat. Celui qui a réalisé The Monuments Men en 2014, sur la brigade chargée de retrouver les œuvres d’art volées par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, avait déjà fait part de sa consternation de voir les autorités britanniques refuser d’envisager un retour des marbres vers la Grèce, comme le rappelle Konbini.

Lors de la promotion de son film, Clooney avait appelé à ce que cet héritage antique soit rendu au Parthénon, provoque l’ire du maire de Londres de l’époque, un certain Boris Johnson, qui n’avait pas hésité à comparer l’acteur à… Hitler.

Selon le journal grec Ta Nea, Clooney a à nouveau appelé à cette restitution, s’adressant au Comité britannique pour la réunification des sculptures du Parthénon (BCRPM).

Les sculptures du Parthénon doivent être rendues à leur propriétaire d’origine.

Les marbres du Parthénon, surnommés en Angleterre "marbres d’Elgin" ont été de nombreuses fois réclamés par la Grèce. Lorsque le Brexit avait été annoncé, les autorités grecques se sont adressées à la Commission européenne pour réclamer ce retour, mais la demande a été rejetée, car elle risquait de compliquer les négociations déjà très tendues.

Ces remarquables bas-reliefs et statues, qui décoraient le temple de l’Acropole d’Athènes, ont été au cœur d’une bataille diplomatique opposant l’Angleterre, la France napoléonienne et l’empire ottoman, au début du 19e siècle. A l’époque, l’Angleterre et la France pillent en masse les monuments antiques du bassin méditerranéen. Napoléon rapportera quantité d’objets archéologiques égyptiens à Paris, et les Anglais ne feront pas mieux.

Redevable à l’empire britannique qui les a aidé a chassé les troupes françaises de Grèce, et à reprendre Athènes, les autorités ottomanes accordèrent le démantèlement des marbres et leur don à Londres, au grand dam des Français. Tout cela en grande partie grâce à l’ambassadeur britannique sur place, Lord Elgin.

Les marbres sont au British Museum depuis 1816 déjà, où ils font partie des pièces majeures du musée. La Grande-Bretagne se protège par l’accord signé avec les autorités ottomanes à l’époque et refuse tout retour, tandis que la Grèce considère qu’il s’agit d’un document caduc, car réalisé entre deux puissances occupantes, sans l’avis des Grecs.

Athènes a proposé une médiation de l’Unesco, ce que refuse le British Museum. D’après Belga, la ministre grecque de la Culture Lina Mendoni a réaffirmé en mai 2020 "la demande incessante" d’Athènes "d’un retour définitif des marbres dans leur patrie", estimant que ceux-ci avaient été l’objet "d’un pillage".

D’aucuns espéraient que le bicentenaire de l’indépendance grecque serait l’occasion d’un geste de la part du gouvernement Johnson, d’autant que le gouvernement grec de Kyriakos Mitsotakis venait d’en faire la énième demande. Mais le Premier ministre britannique a indiqué ce vendredi, toujours au journal Ta Nea, qu’il n’était pas question que les pièces quittent le musée, puisqu’elles ont été acquises légalement, selon lui.

Le gouvernement britannique a une position ferme depuis longtemps sur ces sculptures : elles ont été acquises légalement par Lord Elgin, conformément aux lois en vigueur à l’époque. Les commissaires du British Museum en sont légalement propriétaires depuis que (les frises, ndlr) sont entrées en leur possession.

cite l’agence Belga.

Au musée de l’Acropole, une place est réservée dans l’attente du retour des marbres du Parthénon.