Ethiopie : L’Unesco s’inquiète pour des églises rupestres du XIIIe siècle prise en otage par des forces rebelles

L’Unesco s’est dite "sérieusement préoccupée par la protection" du site de Lalibela, en Éthiopie, après la prise de la ville par les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). "LUnesco est sérieusement préoccupée par la protection du site du #PatrimoineMondial des Églises creusées dans le roc de #Lalibela (#Éthiopie), suite aux rapports faisant état de l’extension du conflit", a tweeté mardi l’organisation de l’Onu pour l’éducation, la science et la culture, basée à Paris.

Lalibela, ville emblématique de la région Amhara, célèbre pour ses églises taillées dans le roc, a été prise jeudi dernier par les forces rebelles de la région en guerre du Tigré, qui ont avancé dans les régions voisines. Face à la progression du TPLF, l’Éthiopie a menacé de déployer "sa capacité totale de défense".

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Intérieur de l’église monolithique de Bete Giyorgis ou St. George, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, Lalibela, région d’Amhara, Éthiopie du Nord. © Sergi Reboredo / belgaimage
Photo de la foule lors de la célébration du genna (célébration éthiopienne orthodoxe de la naissance de Jésus Christ, l’équivalent de Noël). © Belga images
Bet Giyorgis ou l’église St George. © Paul Strawson – belga image

Dans un communiqué publié dès vendredi sur son site, l’Unesco avait appelé "à s’abstenir de tout acte qui pourrait exposer à des dommages à ce lieu de pèlerinage, de dévotion et de paix" et demandé "que toutes les précautions nécessaires soient prises pour empêcher toute tentative de pillage et de saccage des biens culturels situés dans cette zone". "Les onze églises rupestres monolithiques médiévales de cette nouvelle Jérusalem du XIIIe siècle sont situées dans une région montagneuse au cœur de l’Éthiopie, à proximité d’un village traditionnel aux habitations de forme circulaire.

Haut lieu du christianisme éthiopien, le site des Églises creusées dans le roc de Lalibela a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1978", rappelle l’organisation. Les églises de Lalibela sont uniques et sont situées sous le niveau du sol, entourées de profondes douves sèches. Seuls leurs toits sont visibles depuis la surface. Les cours entourant ces lieux de culte extraordinaires ne sont accessibles que par des escaliers et des tunnels. Formées d’un seul bloc, elles regorgent d’ornements et de fenêtres sculptées en forme de croix.

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Extérieur de l’église Bet Amanuel. © Paul Strawson – creative.belgaimage.be

Lalibela tire son nom du roi Gebre Mesqel Lalibela dont la légende veut qu’il ait fait construire onze églises avec l’aide d’anges après que Dieu lui eut ordonné d’édifier une "Nouvelle Jérusalem". Située à 680 km d’Addis Abeba, Lalibela est une destination populaire auprès des touristes étrangers et des orthodoxes éthiopiens. La religion orthodoxe est la plus pratiquée dans le pays.