Enchères : des ventes d'objets liés au nazisme annulées en France

C’est une vente qui a fait beaucoup de bruit dans le petit monde des enchères en France. Il y a quelques jours, un collectionneur à découvert l’existence de plusieurs ventes sur internet, proposant des dizaines d’objets liés au nazisme : croix gammées, bustes d’Hitler, drapeaux, journaux de propagande, etc. Elle a depuis été annulée face à la polémique.

Les enchères devaient se tenir le 9 janvier sur le site spécialisé interencheres.com. La découverte a fait grand bruit, et scandalisé différentes associations contre l’antisémitisme. Devant la pression de ces dernières ainsi que de la préfecture de l’Aisne, et la médiatisation de l’affaire, le commissaire-priseur en charge de l’une des ventes, à Soisson, a annoncé son annulation pure et simple.

Dans un communiqué, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) clame que les organisateurs sont "irresponsables de valoriser cette période".

Ces ventes en ligne ont mis en lumière un certain engouement pour ces objets recherchés par des collectionneurs privés (les musées français ne passant pas par ce type de ventes). Les associations de lutte contre l’antisémitisme ont rappelé qu’il est interdit d’afficher des symboles nazis, même en photo, sauf pour quelques raisons bien précises (au cinéma, pour une exposition ou pour un but pédagogique, notamment). Afficher les photos des objets sur le site internet est donc illégal.

Le commissaire-priseur et le site internet ne sont pas du même avis, puisqu’ils se sont défendus de vouloir faire la moindre promotion et ont souligné que les croix gammées avaient été masquées sur les photos, et que la vente et la détention de tels objets ne sont pas interdites.

Mais pour les associations, cela ne change rien au fait que le but de ces ventes reste douteux, et qu’encourager la collection privée d’objets du IIIe Reich tient de la "fascination malsaine" et non d’une plus-value pédagogique. Le BNVCA a appelé à la destruction de ces encombrants vestiges, et affirmant que "les objets nazis ne sont pas et ne seront jamais des objets historiques".