Des graffitis médiévaux pour chasser sorcières et mauvais esprits découverts en Angleterre

Des graffitis médiévaux pour chasser sorcières et mauvais esprits découverts en Angleterre
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Des graffitis médiévaux pour chasser sorcières et mauvais esprits découverts en Angleterre - © HS2 Ltd

Si à l’approche d’Halloween, vous craigniez de vous faire jeter un sort par une sorcière malfaisante ou hanter par un mauvais esprit, peut-être pourrez-vous vous inspirer de la découverte faite par des archéologues britanniques dans le petit village de Stoke Mandeville. Sur le chantier de fouille d’une ancienne église médiévale, ce sont des graffitis vieux de 700 ans qui ont été mis au jour, et qui servaient sans doute à éloigner les esprits malins.

Le chantier fait partie d’un vaste projet archéologique, le plus imposant d’Europe, qui se fait parallèlement à la construction d’une ligne de train à grande vitesse, la High Speed 2, qui reliera à terme Londres au nord de l’Angleterre. D’après les responsables du projet, ce sont déjà plus de soixante chantiers qui ont été entrepris, et qui ont permis de mettre au jour des sites historiques datant de différentes époques, de la préhistoire à la Seconde Guerre mondiale. Outre une ferme romaine, un cimetière victorien ou la tombe d’un célèbre explorateur du 18e siècle, les équipes d’archéologues ont aussi excavé les ruines, exceptionnellement bien conservées, d’une petite église médiévale, dans le comté de Buckinghamshire.

 

Et ce sont sur les pierres de cette église bâtie vers 1070, appelée St Mary, que les graffitis découverts ont été gravés. Représentants des symboles mystérieux et des formes circulaires, ces marques étaient probablement faites pour éloigner les esprits malveillants qui étaient censés se perdre dans les traits sans fin et les courbes labyrinthiques dessinés. D’autres symboles de ce genre ont déjà été découverts en Angleterre, dans des églises, des maisons et même sur du mobilier. Les superstitions entourant les êtres démoniaques étaient nombreuses au Moyen-Âge, particulièrement dans les petites paroisses rurales comme celle de St Mary.

Mais la forme bien particulière de certains de ces graffitis pourrait également donner crédit à une autre théorie, qui ferait de ces dessins des cadrans solaires de fortune. Les scientifiques ne l’excluent pas, mais signalent cependant que les cadrans solaires gravés dans des églises se trouvent généralement au sud. A St Mary, les gravures ont été retrouvées à plusieurs endroits, mais les pierres ont pu être déplacées au fil du temps, ce qui fait que la thèse des symboles anti-spectres et démons ne peut être validée à 100%.

Les fouilles ne sont pas encore finies, et les archéologues espèrent encore faire d’autres découvertes sur le site, qui pourront, pourquoi pas, expliquer la présence de ces glyphes. Mais ce sont surtout des traces d’une église encore plus ancienne, datant des Saxons, que l’équipe voudrait trouver sous les ruines déjà révélées.

Dans cette très courte vidéo, les chercheurs et chercheuses ont reconstitué en 3D la dernière reconstruction connue du bâtiment, tel qu’il était dans les années 1340.