Challenge Patrimoine : plus qu'une semaine pour voter pour votre héritage culturel préféré !

Le principe est simple : parmi une sélection de 6 œuvres de notre héritage culturel, vous pouvez voter pour élire celle que vous préférez. L’œuvre qui aura obtenu le plus de suffrages bénéficiera d’une attention particulière et d’une restauration par les équipes de l’IRPA, l’Institut royal du Patrimoine artistique.

Avec ce "Challenge Patrimoine", l’IRPA entend mettre en avant ces trésors artistiques de notre pays, et leur offrir les soins qu’ils méritent. L’opération sera renouvelée chaque année, d’ici au bicentenaire de la Belgique, en 2030, afin de choisir 10 œuvres d’exception à rénover et à étudier.


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Depuis le 20 octobre, et jusqu’à ce 21 novembre, vous pouvez voter pour votre œuvre patrimoniale favorite. Un jury choisira le "gagnant" parmi les 3 œuvres arrivées premières dans chaque région : une pour la Flandre, une pour la Wallonie, et une pour Bruxelles. Les équipes de l’IRPA lui offriront une seconde jeunesse : une restauration durable, une optimisation de sa conservation, une exposition idéale…Le tout, financé par la Loterie nationale.

Au-delà de l’aide financière évidemment bienvenue, il s’agit d’une formidable action de sensibilisation de nos concitoyens à leur patrimoine mais aussi à l’histoire de l’art et aux technologies permettant de conserver, d’entretenir et de restaurer des objets et des bâtiments.

a déclaré Thomas Derminne, Secrétaire d’État en charge de la Politique scientifique fédérale, dont fait partie l’IRPA.

Pas de jalousie, les 5 œuvres qui n’auront pas gagné auront au moins le mérite d’avoir été mises en avant, d’avoir suscité l’intérêt du public et, qui sait, ainsi trouvé une autre source de financement pour leur restauration.

À vous de jouer ! Votez ci-dessous pour élire votre élément patrimonial préféré.


Votez ici !


Si vous avez voté pour le projet gagnant, vous aurez une chance de remporter un Ticket Éternel, soit un accès gratuit intergénérationnel au trésor lauréat pour une durée de…100 ans ! Vos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants pourront ainsi y accéder gratuitement jusqu’en 2121. Rien que ça.

Les nominés pour le Challenge Patrimoine 2021

Le sarcophage mérovingien de Chrodoara à Amay

Trouvé en 1977 sous le chœur de la collégiale Saint-Georges-et-Saint-Ode d’Amay, ce sarcophage date de la période mérovingienne, soit aux alentours de 730 ap. J.C. Sculpté d’un visage féminin, il abritait la dépouille de Chrodoara, une noble dame, fondatrice du couvent d’Amay, également connue sous le nom de Sainte Ode. Il s’agit du seul sarcophage mérovingien connu qui est orné d’une figure humaine et doté d’inscriptions. Une trace unique au monde, en somme !

Toujours exposé dans l’église où il a été retrouvé, ce trésor archéologique est conservé sous une plaque de verre. Le public ne peut l’approcher. S’il gagne, le sarcophage sera mis à l’étude pour permettre une meilleure conservation et une meilleure exposition, afin que toutes et tous puissent admirer ce chef-d’œuvre du lointain Moyen-Âge.

La chapelle funéraire de Rubens à Anvers

L’intérieur de la chapelle funéraire de Pierre Paul Rubens et de sa famille, dans l’église Saint-Jacques d’Anvers, date de la moitié du XVIIe siècle. Enterré le 2 juin 1640, le célébrissime peintre est inhumé parmi ses œuvres, dans la chapelle Notre-Dame des Douleurs, ornée d’un monumental retable représentant la Vierge et des Saints peints par l’artiste en personne.

La chapelle a aujourd’hui un besoin urgent d’être restaurée. Les peintures ont subi les affres du temps, et les scientifiques de l’IRPA ont l’occasion exceptionnelle de pouvoir travailler sur des œuvres de ce monument de l’histoire de l’art qu’est Rubens. L’église Saint-Jacques est en pleins travaux de rénovation jusqu’en 2024, et le retable devra bientôt déménager quoi qu’il arrive. Les ateliers de l’IRPA seraient une bonne destination pour lui. L’autel en pierre sera quant à lui restauré in situ. Les responsables du chantier de rénovation espèrent que la chapelle sera le premier endroit de l’église à rouvrir ses portes au public, afin de rendre hommage à l’artiste.

Les Maisons Art Nouveau de Bruxelles

Bruxelles est la capitale de l’Art Nouveau. Ses demeures signées des grands noms de l’architecture au style typique y sont légion. Parmi elles, les habitations majeures réalisées par Victor Horta sont classées à l’UNESCO.

Mais Horta est loin d’être le seul à avoir jalonné la capitale de ses maisons, souvent conçues comme des œuvres totales, et représentantes d’un art qui mêle raffinement, nature et matériaux bruts. Parmi les milliers de demeures Art Nouveau que compte la région, 250 sont classés entièrement ou partiellement. Mais beaucoup sont en mauvais état.

Puisque 2023 a été décrétée année de l’Art Nouveau, on s’attend à une importante vague de rénovations. Si le projet gagne, l’IRPA sélectionnera une série de maisons dont les besoins sont urgents et pour lesquelles les experts pourront faire la différence.

Les costumes de théâtre de James Ensor, à Ostende

Vous ne le saviez sans doute pas, mais James Ensor n’a pas fait que déployer son talent artistique sur ses toiles. Le peintre était également passionné de musique, et a composé un ballet : La Gamme d’Amour, pour lequel il a rédigé le scénario, conçu les décors et réalisé les costumes. Le ballet a donné sa première représentation en 1913, à Ostende.

Parmi les traces précieuses de cette œuvre unique, des costumes insolites et poétiques ont été conservés. Les six pièces peintes à l’aquarelle peut-être par l’artiste lui-même font actuellement partie de la collection du Mu.ZEE. Comme de nombreux textiles, ces habits sont extrêmement fragiles. De mystérieuses taches se développent sur le coton, et pourraient menacer l’intégrité des objets.

Dans l’optique de l’année Ensor, en 2024, et une potentielle exposition au public, des analyses et un traitement sont nécessaires.

La gypsothèque de Constantin Meunier, à Ixelles

Avec ses sujets, Constantin Meunier a révolutionné le petit monde de l’art en Belgique. À la fin du 19e siècle, il est le premier à réaliser des portraits d’ouvriers et de travailleurs en sculpture.

Le Musée Meunier a pris place dans l’ancien atelier de l’artiste, à Ixelles. Sa collection comprend 75 peintures et 450 œuvres sur papier du Maître, ainsi que 210 sculptures, la plupart en bronze. 90 sont cependant en plâtre, et donc très fragiles. Une poignée seulement a été dévoilée au public depuis la mort de Meunier en 1905. Ce patrimoine rare est victime de la corrosion liée à l’humidité, de la rouille des structures en métal, des fissures, de l’effritement.

La gypsothèque de Constantin Meunier a donc urgemment besoin de soins. L’objectif est de rendre les plâtres exposables dans la perspective du bicentenaire de la naissance de l’artiste, en 2031.

Les trésors de la cathédrale de Tournai

La cathédrale de Tournai est un monument majeur de Belgique. Classé par l’UNESCO depuis 2000, le bâtiment qui mêle style roman et style gothique est le témoin de la très riche et très ancienne histoire qu’ont connue nos régions. Ses intérieurs mêlent les styles et les époques, de la renaissance au baroque.

Le Trésor de la cathédrale renferme des objets uniques au monde, véritables joyaux de l’histoire de l’humanité, comme la plus ancienne tapisserie d’Europe : la tapisserie d’Arras. Mais la conservation dans une cathédrale, vaste bâtiment balayé par les courants d’air, propice à l’humidité, n’est pas forcément idéale. Malgré les efforts colossaux des équipes qui s’occupent du Trésor, certaines de ses pièces ont grandement besoin de traitement. Si ce bien gagne le Challenge, l’IRPA dressera une liste des objets précieux qui ont le plus besoin de son expertise.

 

Découvrez en vidéo le travail de l’IRPA sur un chef-d’œuvre de notre héritage belge : l’Agneau Mystique