Reculer les murs : Carte blanche sur papier coloré au musée Horta

Le musée Horta avec son exposition "Reculer les murs" offre à cinq artistes contemporains l’occasion de créer et d’exposer au sein de sa maison. Par le médium du papier peint, les créateurs redonnent un vent de fraîcheur et réinterprètent certaines pièces imaginées par Victor Horta.

Ces interventions totalement inédites sont accessibles au public du 3 septembre au 14 novembre dans le cadre de Brussels Design September.

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Vue détaillée du mur du boudoir © Nicolas Stolarczyk Musée Horta Paul Louis
Vue détaillée du mur du bureau de Victor Horta © Pierre Marie Musée Horta Paul Louis
Vue détaillée du mur du fumoir © Chevalier Masson Musée Horta Paul Louis
Vue détaillée du mur de la chambre de Simone Horta © Christophe Hefti Musée Horta Paul Louis

Une première pour le musée Horta, ce bijou de l’art nouveau change ses habitudes et décide d’innover et d’expérimenter"Reculer les murs" fait écho à une première exposition inaugurée en 2020 traitant de l’ornement à l’époque de l’art nouveau.

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Cette fois-ci, le musée sort de sa zone de confort et propose au public de découvrir des artistes de notre temps. Un comité artistique a ainsi sélectionné le Duo Chevalier-Masson, Pierre Marie, Christoph Hefti et Nicolas Stolarczyk pour orner quatre pièces ne disposant pas de peintures murales d’origine.

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Le fumoir de la maison Horta par le duo Chevalier-Masson. © Chevalier Masson Musée Horta Paul Louis
Le bureau de Victor Horta par Pierre Marie. © Pierre Marie Musée Horta Paul Louis
Le boudoir de la maison Horta par Nicolas Stolarczyk. © Nicolas Stolarczyk Musée Horta Paul Louis
La chambre à coucher de Simone Horta par Christophe Hefti. © Christophe Hefti Musée Horta Paul Louis

Il en découle une exposition qui rend ses lettres de noblesse au papier peint, un ornement pratiquement disparu de nos intérieurs. Penser qu’il n’est pas possible d’embellir un lieu chargé d’histoire comme la maison Horta, serait se tromper. Avec l’aide de l’atelier D’Offard de Tours spécialisé dans le papier peint historique, chaque artiste par son style a réussi à réinterpréter et à se réapproprier différentes pièces de la maison. Les créateurs se sont davantage inspirés de l’histoire de la maison et de la vie de ses habitants plutôt que du style Art Nouveau.

Il en résulte un fumoir habillé d’un papier peint sinusoïdal, des traits qui semblent être les volutes de fumée bleue qui habitaient la pièce à l’époque. Pour cet espace, le duo Anne Masson et Eric Chevalier se sont fortement inspirés de la circulation imaginée par Horta pour que le personnel et ses habitants ne se croisent pas au sein de sa maison.

Christoph Hefti et Nicolas Stolarczyk ont eux choisi d’innover par la couleur. Le premier en imposant une dominance de bleu dans la chambre de Simone Horta, le second en s’attaquant au boudoir avec des tonalités beaucoup plus chaudes comme le rose et rouge flash. Christoph Hefti avec ce bleu nous transporte dans le monde des rêves et de la nuit, il vient contrebalancer la couleur de son papier peint, par l’évolution de la lune à différent stade de son cycle. Nicolas Stolarczyk dans son boudoir, nous plonge dans un petit salon futuriste, orné entre autres de chrysanthèmes japonais, d’insectes fantasmagoriques et d’enlacements de cercles.

Enfin, l’ornemaniste Pierre Marie en s’emparant du bureau de Victor Horta, a voulu rester au plus près du génie de l’Art Nouveau. Il y amène une clarté dans la pièce par l’utilisation de la couleur argentée, reprenant les codes du papier peint de l’époque, tout en les détournant subtilement.

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Mur du fumoir et revêtement chaise réalisé par le duo Chevalier Masson. © Chevalier Masson Musée Horta Nicolas Alberty
Vitraux de la cage d’escalier de la maison Horta © Musée Horta Nicolas Alberty
© Pierre Marie Musée Horta Nicolas Alberty
Cage d’escalier de la maison Horta © Musée Horta Nicolas Alberty

Ces interventions totalement inédites seront accessibles au public du 3 septembre au 14 novembre avant que la maison ne retrouve la couleur de ses murs d’origine.

Si certains seront tristes de voir ces papiers peints disparaître, le musée avec la collaboration de l’atelier D’Offard prévoit de mettre en vente les différents papiers pour les particuliers.