Pour déconfiner la culture, un peintre français lance : "Une œuvre à la maison"

Depuis de longs mois, les Français n’ont plus du tout accès à la culture. Contrairement à la Belgique, les musées et galeries d’art sont aussi fermés en France. Pour déconfiner la culture, le peintre Olivier Masmonteil a eu une idée originale : transformer les maisons des Français en galeries et musées en leur permettant d’accrocher une œuvre d’art chez eux !

"Une œuvre à la maison" est une opération lancée par Olivier Masmonteil et initiée auprès des artistes, galeries, centres d’art et musées. Puisque les portes des musées sont fermées, le peintre a décidé de ramener l’art au plus près des Français, en leur proposant d’accrocher une toile à leur domicile ! L’opération "Une œuvre à la maison" se veut être une véritable bouffée d’oxygène artistique a expliqué Olivier Masmonteil à l’AFP. L’artiste se dit "engagé pour un art non élitiste et accessible".

Artistes, centres d’art, galeries, musées, fondations, collectionneurs… Le peintre appelle tous ceux qui le souhaitent à rejoindre l’opération et affirme qu’une trentaine d’artistes, galeries, centres d’art se sont mobilisés. L’opération concerne des œuvres de moins de 10.000 euros et pas trop fragiles. "Une œuvre à la maison" est ouverte à tous les particuliers, seule condition à respecter, habiter dans un rayon inférieur à 10 kilomètres de la localisation des œuvres listées sur le compte Instagram dédié, @uneoeuvrealamaison.

Pour obtenir en prêt une œuvre d’art, il suffit de se rendre sur le compte Instagram, choisir l’œuvre que vous aimeriez accrocher chez vous et envoyer une lettre motivée par mail ou par écrit dans les 15 jours suivant la publication. À l’issue de ces deux semaines, artistes, centres d’art, galeries, sélectionneront les gagnants. Ils se chargeront de déposer l’œuvre au domicile du particulier et de la récupérer. Les bénéficiaires pourront échanger ainsi chez eux avec des acteurs du monde de l’art. La modique somme de 15 euros est demandée au prêteur.

Je voudrais transformer la France en une artothèque géante et que cette opération devienne virale. On adorerait même que le Louvre prêtre une petite œuvre !

Olivier Masmonteil a expliqué s’être inspiré des "artothèques", centres de prêts d’œuvres d’art qui sont environ une dizaine en France dont le plus connu, créé il y a trente ans, se trouve à Caen. L’artiste pense déjà à l’après : "Et, le jour où les lieux d’art rouvriront, ce serait bien que chacun vienne raccrocher les œuvres qu’il a reçues en prêt, en une gigantesque performance", ajoute-t-il.


AFP et Marion Jaumotte

Des artothèques en Belgique aussi!

"Une oeuvre à la maison" est une belle initiative qui vise à démocratiser la culture. Malheureusement, elle est réservée aux Français, puisqu'il faut habiter à moins de 10km des galeries qui prêtent les oeuvres. Pas de panique, en Belgique aussi il existe des artothèques qui vous permettent d'emprunter pour une durée déterminée, l'oeuvre d'un artiste local.

Du côté de Liège, vous pouvez vous rendre à la Bibliothèque de Chiroux pour emprunter gratuitement pendant deux mois des œuvres d’art contemporain : photographies, gravures, sérigraphies, planches de bande dessinée… Plus de 240 œuvres sont mises à votre disposition !

Durant le confinement, le centre culturel de Haute Sambre s’est également mis au prêt temporaire d’œuvres d’art. Il proposait aux habitants de la région d’accrocher chez eux l’œuvre d’un artiste local. Une initiative qui avait rencontré un vif succès !

Du côté de Wolubilis aussi on prête des œuvres via une artothèque. Vous pouvez d’ailleurs consulter le catalogue en ligne ici. La collection du Wolubilis comprend plus de 900 pièces : sculptures, peintures, gravures, photographies.