Louise Bourgeois exposé sous le prisme de la psychanalyse à New York

Elle considérait l'art comme une forme de thérapie. Louise Bourgeois connaissait bien les concepts psychanalytiques, qui ont inspiré et ont souvent été utilisés pour comprendre son œuvre. A New York, une nouvelle exposition au Jewish Museum s'intéresse à sa relation ambivalente avec la psychanalyse freudienne. 

Le commissaire d'exposition, Philip Larratt-Smith, a réuni une cinquantaine d'œuvres retraçant toute la carrière de l'artiste française pour "Louise Bourgeois, Freud's Daughter". Parmi elles se trouvent ses figures totémiques en bois plus connues comme ses "personnages", et ses installations "The Destruction of the Father" et "Passage Dangereux". 

Les visiteurs du Jewish Museum peuvent également découvrir une sélection d'écrits psychanalytiques de Bourgeois, dont la plupart sont présentés au public pour la première fois. La plasticienne et sculptrice française a suivi une psychanalyse pendant plus de 30 ans, d'abord avec Dr. Leonard Cammer et ensuite avec son confrère Dr. Henry Lowenfeld. Louise Bourgeois a produit un dossier détaillé de son analyse et de ses effets pendant toutes ces années. 

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©  Jewish Museum (page Facebook) Ron Amstutz.

Contribuer à la psychanalyse

Ces écrits ont été retrouvés dans la maison de l'artiste à Chelsea en 2004 et en 2010, peu après son décès à l'âge de 98 ans. S'ils donnent un aperçu des états psychologiques de Louise Bourgeois, ils représentent aussi "une contribution originale au domaine de la psychanalyse", notamment en ce qui concerne la sexualité féminine et la nature de l'artiste. C'est pourquoi Philip Larratt-Smith a décidé d'en faire la base de l'exposition "Louise Bourgeois, Freud's Daughter".

Comme l'explique le Jewish Museum, leur existence interroge car ils sont "en contradiction avec le fait que Louise Bourgeois se méfiait des mots et ne croyait pas à la guérison par la parole". "Elle a toujours soutenu que faire de l'art lui donnait accès à son inconscient, et que son art ne nécessitait aucune exégèse ou défense verbale. Car si les écrits éclairent le lien entre sa vie psychique et ses formes, ils n'expliquent pas son art, pas plus que son art n'illustre les écrits. Ils constituent plutôt un corps de travail parallèle qui a parfois pris la place de sa production visuelle", ajoute-t-il. 

Les amateurs d'art pourront se faire leur propre opinion sur le sujet jusqu'au 12 septembre prochain, date à laquelle se termine "Louise Bourgeois, Freud's Daughter". Pour celles et ceux ne pouvant se rendre à New York, le Jewish Museum a mis en ligne l'audio guide de l'exposition.