Le musée d'Israël utilise des émoticônes pour expliquer les hiéroglyphes

Pour faire comprendre le système des hiéroglyphes égyptiens au grand public adepte du smartphone, le département d'archéologie du musée d'Israël, à Jérusalem, propose de les comparer à des émoticônes.
Pour faire comprendre le système des hiéroglyphes égyptiens au grand public adepte du smartphone, le département d'archéologie du musée d'Israël, à Jérusalem, propose de les comparer à des émoticônes. - © CRIS BOURONCLE - AFP

Comment faire comprendre le système des hiéroglyphes égyptiens au grand public adepte du smartphone ? À cette question, le département d’archéologie du musée d’Israël, à Jérusalem, a trouvé une réponse originale : les comparer à des émoticônes. "Je me suis rendu compte que le public était fasciné par les hiéroglyphes, mais qu’il m’était très difficile de les expliquer", indique Shirly Ben-Dor Evian, égyptologue et commissaire de l’exposition "Émoglyphes : l’écriture idéographique, des hiéroglyphes aux émoticônes", qui a ouvert ses portes cette semaine.

Cœur, visage souriant, pinte de bière : ces pictogrammes, apparus à la fin des années 1990, égayent depuis par centaines les discussions sur les réseaux sociaux et les messageries en ligne. Et certains d’entre eux, veut croire Mme Ben-Dor Evian, ont leur équivalent parmi les hiéroglyphes, comme celui d’une personne haussant les épaules, comme pour dire "je n’en sais rien". Ou l’émoticône d’un danseur se déhanchant dans son costume violet, dont l’ancêtre égyptien se livrait à un mouvement similaire, une main en l’air, il y a 3000 ans.

La réalité est néanmoins plus complexe. Dans le système égyptien, les hiéroglyphes pouvaient désigner un objet ou une idée (idéogrammes), indiquer le son du mot (phonogrammes) ou servir de "déterminatifs" précisant la catégorie sémantique du mot. Les émojis, eux, se suffisent à eux-mêmes en désignant une idée, un sentiment ou un objet et n’ont pas vocation à être accumulés pour former une phrase, note Mme Ben-Dor Evian. À ce titre, ils ne constituent pas un système graphique (une écriture) en tant que tel. L’idée de l’exposition, qui présente des objets antiques ornés de hiéroglyphes en expliquant leur sens et met en parallèle des émoticônes qui leur ressemblent, est de montrer que l’homme utilise l’écriture idéographique parce qu’elle véhicule avec davantage de force une idée, explique la commissaire.