L'art du portrait sort des collections des Musées royaux des Beaux-arts

Pierre Paul Rubens (atelier de?), Portrait d'Hélène Fourment, 1640, Musées Royaux des
Beaux-Arts de Belgique, inv. 4003
17 images
Pierre Paul Rubens (atelier de?), Portrait d'Hélène Fourment, 1640, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, inv. 4003 - © Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique / photo : Grafisch Buro Lefevre, Heule

Les Musées Royaux des Beaux-arts à Bruxelles consacrent une exposition à l’art du portrait ouverte jusqu’au 15 juillet.

Les œuvres sorties des collections couvrent six siècles du genre. La représentation n’est plus une figure comme dans la peinture mythologique ou religieuse, car le portrait a trait à un individu. Les primitifs flamands inaugurent cet art dans nos régions au 15e siècle. Des maîtres anciens dialoguent avec des artistes modernes et contemporains. Les cimaises réunissent des œuvres de Memling, Rubens, Van Dyck, Gauguin, Ensor, Chagall, Delvaux, Bacon, … et de Luc Tuymans, Jan Fabre, Stephan Van Fleteren, Andres Serrano …

En concevant une telle exposition, Michel Draguet, le directeur des Musées Royaux des Beaux-Arts, formule une critique à peine déguisée à l’encontre des politiques. D’une part, les Musées Royaux des Beaux-Arts ne disposent pas de réel budget d’acquisition qui permettrait d’enrichir leurs collections. L’exposition Promesses d’un portrait est donc articulée autour d’une donation anonyme, les trente-six représentations des chapitres de Jan Fabre ; de plus, elle recourt à des prêts importants de galeries privées.

D’autre part, cette exposition permet de présenter des œuvres d’art moderne et contemporain sorties des réserves qui n’ont plus de visibilité dans ces lieux depuis la fermeture du Musée d’art moderne et contemporain, car il n’y a plus d’espace libre depuis l’ouverture des Musées Magritte et Fin de siècle qui ont occupé l’espace dévolu naguère au musée d’art moderne et contemporain. Un bel imbroglio entre le futur projet régional Kanal qui collaborera avec le centre Pompidou pour le nourrir en œuvres et les Musées Royaux des Beaux-Arts dont les collections fédérales bien réelles sont à l’abri des regards.

L'interview de Michel Draguet

en pratique

Promesses d’un visage. L’art du portrait des primitifs flamands au selfie

aux Musées royaux des Beaux-arts jusqu'au 15 juillet.