Flâner dans Paris à travers les siècles : le musée Carnavalet rouvre ses portes

De la Préhistoire à l’incendie de Notre-Dame : les visiteurs pourront bientôt parcourir le musée Carnavalet, qui rouvre ses portes après quatre ans de travaux, et cheminer à travers l’histoire de Paris, de ses princes et de son peuple.

Sombre, scénographie désuète… une rénovation de fond en comble du musée, riche de quelque 625.000 objets et œuvres, était devenue indispensable. Il sera inauguré mercredi sous le nom de "Musée Carnavalet-Histoire de Paris", au terme du plus important chantier muséal réalisé sous le mandat de la maire Anne Hidalgo.

Au rez-de-chaussée, 60 enseignes du Paris ancien, suspendues dans les airs, transportent le visiteur dans une rue du XIXe siècle.

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Musée Carnavalet © THOMAS SAMSON / AFP

Au fil des salles, il découvrira une pirogue néolithique, une gargouille de Notre-Dame, une niche d’un petit chien en soierie bleue, des boucles d’oreilles en forme de guillotine… Et pourra écouter des lettres de Madame de Sévigné, rentrer dans une boutique, des chambres d’écrivains, une salle de bal…

Le chantier a été complexe, car ce musée du Marais s’étend sur deux anciens hôtels particuliers : l’Hôtel des Ligneris (XVIe siècle) et l’Hôtel Le Peletier (XVIIe), qu’une passerelle relie au-dessus du lycée Victor-Hugo.

"Il ne s’agissait pas d’imposer un geste architectural mais d’accompagner quelque chose qui était déjà là", souligne l’architecte François Chatillon. Le budget total s’est élevé à 58,3 millions d’euros.

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Salle de bal Wendel, vue sur l’escalier monumental. © Cyrille Weiner (page Facebook Musée Carnavalet)

"Proche des habitants"

Les façades extérieures ont été ravalées et ravivées, et des œuvres restaurées -par exemple dans la salle de bal Wendel ou le salon Demarteau, orné des panneaux signés François Boucher. Ont été aménagés des espaces nouveaux, notamment en sous-sol, pour exposer une partie plus importante des collections. Des parquets anciens ont été réinstallés.

Trois escaliers, contemporains, relient des parties du bâtiment, et permettent de mener des visites thématiques (par exemple, la période révolutionnaire). Car la visite des 3900 m2 du musée, avec ses 3800 œuvres exposées, nécessite plusieurs heures.

"La nouveauté est d’avoir un fil chronologique continu, de la Préhistoire jusqu’à nos jours sans période absente, même si certaines sont plus développées que d’autres", indique à l’AFP la directrice du musée, Valérie Guillaume.

Autre changement : l’éclairage, "grâce à des leds et des filtres sur les vitres qui ouvrent vers les jardins, alors qu’il y a 30 ans on avait tendance, pour protéger les œuvres, à créer des boîtes dans la boîte", ajoute-t-elle.

La nouvelle disposition des collections "retrace une histoire de Paris de manière à la fois historique, documentaire, sentimentale et proche des habitants", relève l’adjointe à la Culture de la mairie de Paris, Carine Rolland.

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Hall d’escalier du musée Carnavalet. © Cyrille Weiner (page Facebook Musée Carnavalet)

Le Paris Contemporain

Le musée, labyrinthe d’escaliers et de couloirs, a été rendu accessible à 95% aux personnes à mobilité réduite. Et près de 10% des œuvres sont exposées à hauteur d’enfant, accompagnées de dessins et notations d’écoliers. Ainsi David, 4 ans, décrit la pirogue comme "le serpent des mers".

"L’accessibilité, ce n’est pas seulement mettre des ascenseurs", déclare la directrice du musée, deux mois après la polémique causée par l’emploi, sur quelques dizaines de panneaux, de phrases courtes et d’un vocabulaire simplifiée, où Louis XIV s’écrit Louis 14 et Napoléon III Napoléon 3, à destination d’une partie du public en situation de handicap.

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Espace d'exposition dans le sous sol du Musée Carnavalet. © Page Facebook Musée Carnavalet

Les chiffres romains ont été conservés sur tous les autres cartels, y compris les cartels enfants, les écrans, les graphiques, insiste Valérie Guillaume.

En fin d’itinéraire, sont évoquées la transformation de Paris dans les années 70, et l’actualité marquante pour la capitale, dont les attentats terroristes, l’incendie de Notre-Dame et jusqu’aux rues de la ville pendant le confinement. Des accrochages qui seront périodiquement actualisés.

Dans les salles d’expositions temporaires (les seules payantes), une exposition d’Henri Cartier-Bresson "Revoir Paris" accompagnera les premiers mois de la réouverture.