De l'art divin du textile : Inca Dress Code

INCA Dress Code - Textiles et parures des Andes, au Musée Art & Histoire
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INCA Dress Code - Textiles et parures des Andes, au Musée Art & Histoire - © RTBF Pascal Goffaux 2018

Direction : les Andes précolombiennes. Le Musée Art et Histoire au Cinquantenaire à Bruxelles présente une exposition consacrée à l’art du textile dans les civilisations précolombiennes qui ont essaimé dans cette aire géographique, les Incas, mais aussi les cultures qui les ont précédés.

Le textile plus précieux que l’or est un art majeur, plus important que l’architecture. Le mur d’un palais est envisagé comme la projection d’un tissu et de sa composition architecturée. Le textile sert à se vêtir, car la nudité est un déshonneur dans la société inca, mais il est un symbole fort du pouvoir. Le dress code inca renvoie à une codification des motifs et des couleurs réservés à l’élite. Les tokapu, blasons des régions conquises, figurent sur les textiles impériaux. La couleur de l’empereur est le noir. La couleur du clergé est le rouge. Le lama, l’alpaga et la vigogne fournissent les fibres animales qui entrent dans la confection du tissu. La fibre très fine de la vigogne, lama sauvage, est destinée à l’empereur.

Le textile est considéré comme un art divin. Il est immolé par le feu en offrande aux dieux. Les artisans introduisent fréquemment une erreur dans sa fabrication, parce que la perfection est réservée aux seuls dieux. La confection interdit la coupe, car le textile est une unité première.

Les tissus précieux éclatants de couleurs sont présentés dans une semi-pénombre. Le bleu de l’indigo (plante), l’ocre de l’hématite (pierre) et le rouge de la cochenille (insecte) rivalisent avec les couleurs des plumes, le rose du flamant et le bleu turquoise et le jaune d’or du ara.

Exposition prolongée jusqu’au 21 avril 2019.

L'interview de Serge Lemaitre, conservateur de la section Amériques au Musée Art et Histoire