"Wonderland" : de l'urbex au musée

“Wonderland” : de l’urbex au musée
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“Wonderland” : de l’urbex au musée - © MIMA

Dans sa nouvelle exposition Wonderland”, le Millenium Iconoclast Museum of Art de Bruxelles propose une percée dans l’univers de deux artistes vandales Akay & Olabo. 

 

Les deux artistes urbains suédois sont des anciens street artistes qui explorent des endroits interdits, des lieux désaffectés pour y puiser leur matériel et leur inspiration. Dans Stockholm et ses alentours, Akay et Olabo se sont mis en quête de bâtiments abandonnés pour se les réapproprier, jusqu’à posséder leurs propres clés : des anciens bureaux, entrepôts, chantiers, industries sont devenus leur terrain de jeu, interrogeant la notion de propriété privée. Les deux artistes suédois vont encore plus loin dans la raillerie jusqu’à arracher systématiquement les panneaux signalant cette privatisation. Les deux vandales adeptes de l’urbex (exploration urbaine) se sont ainsi installés dans une douzaine de lieux interdits, prouvant que ce que l’infraction peut être à la fois ludique et révélatrice d’un soucis sociétal. Tous ces lieux abandonnés, vestiges d’une volonté et zones de non-droit, deviennent autant d’échecs que de déceptions. 

 

 

Pour rendre hommage à la démarche d’Akay et Olabo, l’exposition Wonderland” du MIMA veut recréer leur univers caché et ces lieux désaffectés. Le musée se pare d’installations construites à partir de matériaux provenant des bâtiments abandonnés que se sont appropriés Akay et Olabo, du matériel de surveillance aux cordes en passant par des charriots industriels. Le but est de faire participer le visiteur à l’exploration d’un lieu abandonné, de l’inciter à ouvrir les portes, monter les escaliers, actionner les différents mécanismes, découvrir. Cette exposition Wonderland” sonne comme une tentative d’amener l’urbex au musée. 

 

Si la démarche se révèle intéressante dans l’interactivité créée entre l’oeuvre et le public, témoignant d’un choix audacieux pour un musée, on déplorera qu’il n’y ait plus d’installations, de morceaux de matières au sol, de fenêtres cassées et de danger. Les adeptes de l’urbex le savent bien, en plus de l’excitation de la découverte c’est aussi l’adrénaline qui les transporte. Cette adrénaline qui provient de la peur et de l’interdit et cette émotion ne sont pas du tout retranscrites dans Wonderland” ou à peine. C’est un peu comme quand on fait venir le street art au musée, privé de son environnement, il perd quelque peu de son cachet malgré l’audace.

Informations pratiques

“Wonderland”

Jusqu’au 22 avril

Au Millenium Iconoclast Museum of Art / MIMA (Quai du Hainaut 39-41 - 1080 Bruxelles)

Plus d’informations sur le site du musée.