Un "Musée fin de siècle" l'année prochaine au sein des Musées royaux

Le Musée d'art moderne a fermé ses portes le 1er février. Il rouvrira en février 2012 avec l'ouverture d'un "Fin de siècle museum" qui devrait constituer un des fleurons de l'ensemble que constituent les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Depuis 2006, le Musée d'Art moderne, créé en 1984, accueille sur ses six niveaux expositions temporaires et collections consacrées aux XIXe et XXe siècles. Après l'ouverture du Musée Magritte Museum, c'est une nouvelle étape qui sera franchie dans le redéploiement des unités muséales qui composent les MRBAB.

Avec l'organisation des Salons des XX (1883-1894) et de la Libre Esthétique (1894-1914), dans les salles mêmes du musée, Bruxelles a constitué un carrefour unique de la création. Si celui-ci ne s'est pas identifié à la vague impressionniste, il a trouvé dans la conjonction du symbolisme, du wagnérisme et de l'Art nouveau les emblèmes d'une identité qui a largement déterminé le visage de Bruxelles, souligne le directeur des Musées Michel Draguet.

Toutefois, "Bruxelles Capitale de l'Art nouveau" n'est pas qu'une réalité de l'architecture. Le terme recouvre d'abord le dynamisme d'une société. Et celui-ci s'est manifesté dans tous les domaines de la création : littérature, peinture, opéra, musique, architecture, photographie ou poésie : Maeterlinck, Verhaeren, Ensor, Khnopff, Spilliaert, Maus, Horta, Van de Velde, Kufferath, Lekeu... La liste n'est pas exhaustive et témoigne de la richesse d'une création qui débordera largement nos frontières.

Pour rendre compte de cette diversité, les Musées travaillent en partenariat avec la Bibliothèque royale de Belgique et le Théâtre royal de la Monnaie. À ces partenaires, il faut ajouter la Région de Bruxelles-Capitale qui mettra en dépôt l'extraordinaire collection Gillion Crowet qui constituera un des points forts et l'aboutissement du nouveau parcours.

M. Draguet admet qu'il y a un revers à la médaille à savoir l'occultation pour un certain temps des collections d'art des XXe et XXIe siècles qui ne disposeront plus de cimaises. Il ajoute qu'il ne peut donner de précision sur la réinstallation future de ces collections. "Nous profiterons de cette période pour présenter l'art belge moderne et contemporain à l'étranger. Ainsi, une sélection de nos plus belles oeuvres seront présentées au printemps prochain au Fine Arts Taipei Museum", ajoute-t-il.

M. Draguet note encore qu'on peut s'interroger de façon plus générale sur l'avenir des collections des Musées. "Celui-ci dépend d'une extension des installations dont nous disposons", dit-il. Il rappelle que depuis 2006, il milite pour l'installation de l'Art moderne et contemporain dans les anciens Magasins Vanderborght, l'actuel Dexia Art Center, au coeur de Bruxelles, à deux pas de la Grand-Place.

"Outre la dynamisation d'un quartier où La Monnaie est déjà active, cette solution contribuera au tramage muséal de la ville", ajoute encore M. Draguet. Il souligne qu'il existe encore une autre possibilité qui relève d'une ambition qui voudrait doter la capitale de l'Europe d'un édifice contemporain où exposer l'art des XXe et XXIe siècles en un "geste architectural fort" qui incarnerait une dynamique fondée sur le développement d'une économie de la connaissance alliant patrimoine et tourisme. Mais, ce projet ne peut être porté par les musées seuls, conclut M. Draguet.

Belga