Un Chinois détrône Picasso au rang des artistes les plus cotés

D'après le spécialiste de la cotation du marché de l'art Artprice, basé à Paris, les ventes aux enchères des oeuvres de Zhang Daqian (1899-1983) ont rapporté US$550 millions (€420 millions) -- établissant au passage un record pour les oeuvres d'un même artiste sur une année. Il a ainsi détrôné Pablo Picasso, qui avait détenu le record pendant 13 des 14 dernières années.

C'est pourtant une rencontre entre les deux peintres à Nice, en 1956, qui avait lancé la carrière du Chinois à l'international. La rencontre avait été très médiatisée et avait été présentée à l'époque comme un trait d'union entre l'art de l'Orient et de l'Occident.

Pour la première fois de son histoire, la Chine compte deux artistes au sommet du classement des meilleures ventes sur une année. C'est Qi Baishi qui occupe la deuxième marche du podium, et six artistes du top 10 sont chinois.

Le développement de la classe moyenne chinoise, et notamment du segment aux revenus supérieurs, est perçu par les initiés du marché de l'art comme le moteur de cette nouvelle tendance. Depuis quelques années, les collectionneurs et les galeristes du monde entier s'intéressent aux travaux des maîtres chinois, et le gouvernement chinois cherche lui aussi à mettre la main sur les oeuvres de ses artistes, afin de "les faire revenir au pays".

Dans cette optique, la Chine a lancé la "Fondation de sauvetage des reliques précieuses" en 2002 et la China Poly Group Corporation, avec le soutien de l'Etat, est parvenue depuis à faire revenir en Chine des objets historiques, parmi lesquels des statues de bronze dérobées dans le Palais d'été de Pékin pendant la seconde Guerre de l'opium en 1860.

Le galeriste John Batten (johnbattengallery.com), basé à Hong-Kong, a participé à la fondation de l'événement "art walk", qui a acquis une certaine notoriété au fil des ans et a permis de propulser de nombreux artistes chinois sur la scène internationale.

John Batten, comme nombre de personnes en Chine, a toujours pensé qu'il ne s'agissait que d'une question de temps avant que le monde entier ne se mette à l'heure de l'art chinois.

"Zhang Daqian est à la fois un sublime peintre traditionnel chinois et un grand nom du modernisme qui, à l'instar de Pablo Picasso, était déjà reconnu comme tel de son vivant", explique John Batten. "Son apparence de personne lettrée -- barbe abondante et costume traditionnel -- ont contribué, et continuent de contribuer, à son aura de grand maître. On pouvait s'attendre à l'intérêt porté à ses oeuvres dans les ventes aux enchères, puisqu'il était à la fois un moderniste et un maître de la technique traditionnelle".

"C'est un nouvel exemple de l'intérêt du marché de l'art pour les travaux des modernistes asiatiques d'avant- et d'après-guerre", ajoute-t-il, avant de poursuivre: "Aux côtés d'artistes comme Affandi en Indonésie et M. F. Husain en Inde, il est considéré comme un précurseur des mouvements artistiques modernistes asiatiques, et comme illustrant l'émergence d'Etats-Nations modernes en Asie -- libérés de la souveraineté coloniale et de plus en plus confiants -- qui se poursuit de nos jours."

Alors que le monde entier commence juste à (re)découvrir l'oeuvre de Zhang Daqian, ce dernier n'est que la face émergée de l'iceberg. Pour vous faire une idée de l'ampleur que l'art chinois est en train de prendre sur la scène internationale, voici un petit guide sur les cinq artistes chinois les plus cotés (ceux dont les travaux ont rapporté le plus lors des ventes aux enchères de 2011):

Zhang Daqian (classement mondial: 1er; total des ventes: US$550 millions/€420 millions): Réputé pour la méticulosité de ses détails et sa technique des "couleurs éclaboussées" qu'il employait sur ses aquarelles, Zhang Daqian (1899-1983) a fini par maîtriser toute une palette de styles, allant de la peinture traditionnelle chinoise à l'impressionnisme et l'expressionnisme. Il est également passé maître dans l'art de la contrefaçon.

Qi Baishi (classement mondial: 2e; total des ventes: US$510 millions/€390 millions): Qi Baishi (1904-1965), cet autodidacte au style si singulier, a forgé sa réputation à coups de pinceau, au travers d'aquarelles fantasques représentant souvent de petits animaux. Il est également passé maître dans la gravure de sceaux.

Xu Beihong (classement mondial: 5e; total des ventes: US$221 millions/€169 millions): Xu Beihong (1895-1953), le père de la peinture chinoise moderne, était réputé pour la diversité de ses styles, que ce soit à l'huile ou aux encres chinoises.

Wu Guanzhong (classement mondial: 6e; total des ventes: US$212 millions/€162 millions): A la fois artiste et théoricien, Wu Guanzhong (1919-2010) s'est fait connaître par ses paysages terrestres et aquatiques, avant de bifurquer avec succès vers le portrait.

Fu Baoshi (classement mondial: 7e; total des ventes: US$183 millions/€140 millions): Les paysages terrestres et aquatiques étaient la spécialité de Fu Baoshi (1904-1965). Il est également connu pour avoir introduit les styles visuels japonais dans l'art chinois, à la suite de ses études aux Beaux arts de Tokyo.

AFP Relax News

D'après le spécialiste de la cotation du marché de l'art Artprice, basé à Paris, les ventes aux enchères des oeuvres de Zhang Daqian (1899-1983) ont rapporté US$550 millions (€420 millions) -- établissant au passage un record pour les oeuvres d'un même artiste sur une année. Il a ainsi détrôné Pablo Picasso, qui avait détenu le record pendant 13 des 14 dernières années.

C'est pourtant une rencontre entre les deux peintres à Nice, en 1956, qui avait lancé la carrière du Chinois à l'international. La rencontre avait été très médiatisée et avait été présentée à l'époque comme un trait d'union entre l'art de l'Orient et de l'Occident.

Pour la première fois de son histoire, la Chine compte deux artistes au sommet du classement des meilleures ventes sur une année. C'est Qi Baishi qui occupe la deuxième marche du podium, et six artistes du top 10 sont chinois.

Le développement de la classe moyenne chinoise, et notamment du segment aux revenus supérieurs, est perçu par les initiés du marché de l'art comme le moteur de cette nouvelle tendance. Depuis quelques années, les collectionneurs et les galeristes du monde entier s'intéressent aux travaux des maîtres chinois, et le gouvernement chinois cherche lui aussi à mettre la main sur les oeuvres de ses artistes, afin de "les faire revenir au pays".

Dans cette optique, la Chine a lancé la "Fondation de sauvetage des reliques précieuses" en 2002 et la China Poly Group Corporation, avec le soutien de l'Etat, est parvenue depuis à faire revenir en Chine des objets historiques, parmi lesquels des statues de bronze dérobées dans le Palais d'été de Pékin pendant la seconde Guerre de l'opium en 1860.

Le galeriste John Batten (johnbattengallery.com), basé à Hong-Kong, a participé à la fondation de l'événement "art walk", qui a acquis une certaine notoriété au fil des ans et a permis de propulser de nombreux artistes chinois sur la scène internationale.

John Batten, comme nombre de personnes en Chine, a toujours pensé qu'il ne s'agissait que d'une question de temps avant que le monde entier ne se mette à l'heure de l'art chinois.

"Zhang Daqian est à la fois un sublime peintre traditionnel chinois et un grand nom du modernisme qui, à l'instar de Pablo Picasso, était déjà reconnu comme tel de son vivant", explique John Batten. "Son apparence de personne lettrée -- barbe abondante et costume traditionnel -- ont contribué, et continuent de contribuer, à son aura de grand maître. On pouvait s'attendre à l'intérêt porté à ses oeuvres dans les ventes aux enchères, puisqu'il était à la fois un moderniste et un maître de la technique traditionnelle".

"C'est un nouvel exemple de l'intérêt du marché de l'art pour les travaux des modernistes asiatiques d'avant- et d'après-guerre", ajoute-t-il, avant de poursuivre: "Aux côtés d'artistes comme Affandi en Indonésie et M. F. Husain en Inde, il est considéré comme un précurseur des mouvements artistiques modernistes asiatiques, et comme illustrant l'émergence d'Etats-Nations modernes en Asie -- libérés de la souveraineté coloniale et de plus en plus confiants -- qui se poursuit de nos jours."

Alors que le monde entier commence juste à (re)découvrir l'oeuvre de Zhang Daqian, ce dernier n'est que la face émergée de l'iceberg. Pour vous faire une idée de l'ampleur que l'art chinois est en train de prendre sur la scène internationale, voici un petit guide sur les cinq artistes chinois les plus cotés (ceux dont les travaux ont rapporté le plus lors des ventes aux enchères de 2011):

Zhang Daqian (classement mondial: 1er; total des ventes: US$550 millions/€420 millions): Réputé pour la méticulosité de ses détails et sa technique des "couleurs éclaboussées" qu'il employait sur ses aquarelles, Zhang Daqian (1899-1983) a fini par maîtriser toute une palet