Theo van Doesburg, De Stijl

Theo van Doesburg, Perspective with final colour design, Shopping arcade with bar-restaurant, Laan van Meerdervoort, The Hague, 1924.
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Theo van Doesburg, Perspective with final colour design, Shopping arcade with bar-restaurant, Laan van Meerdervoort, The Hague, 1924. - © Collection Het Nieuwe Instituut/ Collection Van Eesteren-Fluck & Van Lohuizen Foundation, Amsterdam.

L’artiste néerlandais Theo van Doesburg est à l’origine du mouvement De Stijl. Il fonde en 1917 la revue éponyme et rassemble autour de lui des artistes, des architectes et des designers. Parmi les créateurs les plus connus, les peintres Piet Mondrian et Georges Vantongerloo et le designer et architecte Gerrit Rietveld, l’auteur de la célèbre chaise constituée de planches de couleurs vives et d’une voiture d’enfant.

De Stijl se distingue par une approche multidisciplinaire qui doit s’appliquer à tous les domaines de la vie. Le mouvement revendique une expression anti individualiste dont les fondements sont pensés comme immuables et universels. Dans sa première période (1917 – 1925), De Stijl édicte les règles du néoplasticisme, un langage de l’abstraction géométrique basé sur l’emploi des seules verticales et horizontales et des trois couleurs primaires (bleu, jaune et rouge) sans rejeter le blanc, le gris et le noir. La composition orthogonale s’oppose à l’impressionnisme … et au style baroque sous ses formes les plus diverses. Ce langage formel se répand dans la peinture et les arts appliqués, le design et l’architecture, le graphisme et la typographie, la mode et le cinéma.

Au sortir de la guerre, les créateurs imaginent un monde en interaction avec la science et la technologie et en réaction contre la grande boucherie de 14-18.

Theo van Doesburg va défendre son approche de l’art. Il noue des contacts avec les dadaïstes Kurt Schwitters et Francis Picabia. Il s’installe à Weimar dans l’espoir d’exercer une influence sur l’école du Bauhaus. Il rencontre les constructivistes russes et les artistes belges Victor Sevranckx et Karel Maes.

En 1924 -1925, Theo Van Doesburg rompt un temps avec son alter ego Mondrian. Il fait subir à ses tableaux une rotation à 45°. En introduisant la diagonale dans la peinture, il oppose le néoplasticisme défendu par Mondrian et accusé de statisme à une nouvelle tendance picturale, l’élémentarisme, plus dynamique.

 

Gladys Fabre est historienne de l’art, commissaire et auteure spécialisée dans le modernisme et l’avant-garde du XXe siècle. Elle est au micro de Pascal Goffaux.