"Superheroes never die. Comics and Jewish Memories" au Musée juif de Belgique

Superheroes Never Die. Comics and Jewish Memories
Superheroes Never Die. Comics and Jewish Memories - © Musée Juif de Belgique

Le Musée juif de Belgique à Bruxelles souhaite étonner ses visiteurs par le biais d'une exposition intitulée "Superheroes never die. Comics and Jewish Memories" ("Les super-héros ne meurent jamais. Bandes dessinées et souvenirs juifs"), du 8 novembre au 26 avril prochains. L'expo est organisée en partenariat avec le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme à Paris et le Musée de l'Histoire juive à Amsterdam.

plus d'infos sur le site officiel du Musée Juif de Belgique

De nombreux créateurs de super-héros au siècle dernier sont juifs. En effet, "The Avengers", "Superman", "Captain America" ou encore le fabuleux "Spiderman" ont été imaginés par des auteurs et dessinateurs dont les familles avaient récemment immigré aux Etats-Unis. A travers plus de 200 œuvres, le public est amené ici à découvrir comment la bande dessinée américaine s'implique, depuis ses débuts, dans les tumultes de l'histoire.

Après avoir été accrochées aux cimaises de musées situés à travers le monde, ces pièces sont arrivées à Bruxelles et on leur a joint quelques autres pour alimenter et compléter la manifestation qui retrace, en cinq volets chronologiques, l'histoire de la BD américaine, depuis les "comics strips" publiés dans la presse depuis le début du 20e siècle jusqu'aux BD d'aujourd'hui avec comme fil conducteur les super-héros des "Marvel Comics", mais aussi la scène "underground" de l'après-guerre ainsi que les romans graphiques. Plusieurs planches originales comme celles de "X-Men" et du "Captain America" que l'on doit au "king of comics", Jack Kirby, ou encore les créations uniques de Will Eisner et Art Spiegelman, sont ici exposées.

Une première génération d'immigrés juifs débarquait à New York au début du 20e siècle et exprimera dans la presse le choc des cultures et leurs difficultés à s'intégrer. Après la grande dépression de 1929, et face à la montée du fascisme en Europe, la seconde génération la rejoindra, soucieuse de s'intégrer rapidement jusqu'à dissimuler des patronymes aux consonances étrangères. En 1938, sous la plume de Jerry Siegel et Joe Shuster, "Superman" fera son apparition dans "Action Comics".

Une partie de l'exposition est consacrée à Will Eisner, créateur du "Spirit" mais aussi auteur de ce qu'on considère aujourd'hui comme le premier roman graphique, "A contract with God and other tenement stories" (1978) où il mixe textes et images.

Au cours de la seconde moitié du siècle dernier, la scène "underground" va se développer, marquée par un engagement politique fort et une volonté appuyée des auteurs de questionner la judéité. La BD acquiert ses lettres de noblesse, devient un art à part entière et ne s'adresse plus seulement à la jeunesse. Relevons ici "Maus" d'Art Spiegelman qui aborde le thème de la Shoah et reçoit, en 1992, le Prix Pulitzer, événement sans précédent pour une bande dessinée.

Aujourd'hui, les causes défendues ont souvent évolué pour s'ouvrir aux inégalités de genre, d'ethnie ou encore d'orientation sexuelle. Des figures archétypales des années 1930 sont désormais moquées dans la BD, à l'instar des satires aussi sombres qu'hilarantes de Rick Veitch qui a quitté les comics pour éviter la censure.

L'exposition est accessible du mardi au dimanche de 10h00 à 17h00.

Une archive AFP

Art Spiegelman, star du Festival d'Angoulême en 2012.