Sultans, empires et fibre optique : le Mucem renouvelle sa collection permanente

Le musée veut explorer "le thème des grandes cités de la Méditerranée", a expliqué mardi son président, Jean-François Chougnet.
Le musée veut explorer "le thème des grandes cités de la Méditerranée", a expliqué mardi son président, Jean-François Chougnet. - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

L'épopée des tulipes, des jésuites portugais à Nagazaki ou un tapis de fibre optique au port de Marseille : le Mucem à Marseille présente mercredi, sous un nouveau jour, son éclectique collection permanente, dédiée aux civilisations de Méditerranée.

Inauguré en 2013, le Mucem, premier musée national décentralisé en France, parachève la présentation de ses collections avec ce parcours intitulé "Connectivités". Elle sera visible, sur 1.150 m2, plusieurs années.

Le musée, installé dans un cube de verre habillé de résille de béton signé Rudi Ricciotti et devenu emblématique de la ville, veut explorer "le thème des grandes cités de la Méditerranée", a expliqué mardi son président, Jean-François Chougnet.

L'exposition se scinde en deux : une partie classique est consacrée à la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècle, partagée entre Ottomans et Habsbourg, empires "qui se font face, se testent, se font concurrence et se respectent", explique la commissaire d'exposition, Myriame Morel-Deledalle.

Les œuvres remettent en cause certaines idées reçues : une toile de Jean-Baptiste Huysmans permet ainsi de rappeler que la tulipe, emblème des Pays-Bas, est en fait "une fleur ottomane devenue flamande avant de faire l'objet de la première bulle spéculative de l'histoire", explique Mme Morel-Deledalle.

Certaines pièces n'ont jamais été présentées au public. C'est le cas de trois statues grandeur nature de martyrs en habit noir, issues des réserves du musée des Beaux-Arts de Séville, qui évoquent l'histoire méconnue de l'évangélisation du Japon sous l'influence des jésuites de Lisbonne.

Une bannière ottomane contemporaine de la bataille de Lépante (1571), montrée pour la première fois, dans un état de conservation remarquable, permet de retracer ce moment majeur des relations entre puissances méditerranéennes.

La période prend fin avec la découverte de l'Amérique : le monde n'est plus "fermé", la Méditerranée perd sa position-clé. L'exposition se fonde notamment sur les enseignements de Fernand Braudel, historien de référence sur la Méditerranée.

L'autre partie de l'exposition offre les regards d'artistes contemporains sur quatre métropoles méditerranéennes : Le Caire, Istanbul, Casablanca et Marseille, où converge depuis quelques années un écheveau de fibres optiques sous-marines transcontinentales, support des réseaux numériques.